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10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 01:37

Laissant Kauana à la marina de Nelson nous sommes rentrés quelques jours à Tahiti. Nous avons squatté la bateau de Kti, les kayaks de Philippe, les eaux tièdes du lagon et les fauteuils de La Casa, ce fut bien agréable, merci les amis pour tous ces bons moments!

Merveille des merveilles, nous avons retrouvé Humberto, El Hollandès Errante, rencontré sur son petit bateau aux Fiji il y a deux ans. Il est là au mouillage du Beachcomber, sur un grand catamaran…avec sa Maman! Humberto nous disait bien que "My Mom" voulait absolument naviguer avec lui. Elle l’avait même chargé de trouver un voilier un peu plus grand. Chose faite, "My Mom" l’a rejoint à Curaçao, ils ont navigué quarante six jours pour arriver aux Marquises. « Je connais tout de la guerre de 40 » nous dit Humberto. Radieuse "My Mom" semble au paradis. Elle tricote pour les enfants de Fulaga, leur prochaine destination. Son fils a un peu modifié le bateau, il a ajouté des poignées pour mieux se tenir, des toilettes électriques et un astucieux siège sur palan pour descendre "My Mom" dans l’annexe. Car "My Mom" a 91 ans et quelques difficultés à se déplacer… N'est-ce pas merveilleux?

INTERMEDE TAHITI

Nouvelle moins réjouissante : le cyclone Donna que Rémi suit sur les cartes météo depuis une semaine, vient de frapper les iles Loyauté. Antoine et sa famille sont sains et saufs, leur maison et leur ménagerie aussi. Par contre sur Ouvéa les dégâts semblent importants, on pense à leurs amis de l’ASBO , on attend plus de nouvelles.

8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 01:44

 

Galerie photos 

 

23 Mai 2015

 

Partis de Huahiné pour chercher le vent nous ne l'avons pas trouvé. Calme plat, moteur. Escale à Mopelia, avant dernier atoll de Polynésie française vers l'Ouest.  Il y a pire endroit pour attendre le vent! On se demande même pourquoi on n’avait pas prévu de s’y arrêter.

 

MOPELIA

Ce n'est pas la première fois que nous venons à Mopelia, nous y serons à nouveau magnifiquement accueillis. On y entre par une passe étroite impraticable par vent de Nord Ouest. C’est un très bel atoll riche en poissons et oiseaux de mer, et surtout riche en personnes.

MOPELIA
MOPELIA
MOPELIA

La terre de Mopelia appartient à l'ile de Maupiti, située à 100 miles. La commune de Maupiti accorde des parcelles de cocoteraie pour exploiter le coprah.

MOPELIA

Certains « exploitants » sont là par choix, d'autres par obligation, certains le vivent comme un retour à la vie simple que le polynésien chérit toujours au fond de lui-même, d'autres comme un moyen de gagner sa vie dans l'inconfort et la solitude. Cela donne une petite communauté hétéroclite, 20 personnes éparpillées sur le motu. Marcello, président de la coopérative des coprahculteurs, en est le chef.

La plus ancienne résidente de Mopelia est Hina, elle est là depuis14 ans, en charge des communications radio.

 

Aucune infrastructure, l'atoll ayant été entièrement dévasté par un cyclone en 1998 ; aucune liaison régulière avec Maupiti, les pêcheurs et les voiliers sont souvent mis à contribution pour transporter vivres et personnes ; seulement la radio pour communiquer avec  l’ile mère, et depuis peu un téléphone satellite; un caboteur qui vient prendre la récolte de coprah environ tous les huit mois si le tonnage est suffisant.

MOPELIA

Nous restons au mouillage Sud d’abord, puis à celui du Nord. La désagréable surprise c’est qu’il y a plein de requins : pointe noire et gris tournent en permanence autour du bateau, ce qui rend la baignade et la pêche assez tendues!

MOPELIA

On exclut la pêche sous-marine pourtant si fructueuse lors de notre dernier séjour.

On arrivera quand même à faire une belle pêche d’aturés, le soir à la lumière à l’arrière du bateau, qui donnera l’occasion d’un repas autour du feu chez Marcello. L’aturé est un chinchard délicieux grillé.

MOPELIA
MOPELIA

La veille du week-end tout le monde s’affaire à terre. Une mission administrative vient pour trois jours. Un ministre est annoncé, finalement il y aura quelques chefs de service ou fils de ministre, les amateurs de pêche nous dit-on. Toute l’ile est conviée, nous aussi. Chacun participe, Marcello a un œil sur tout et sur tous.

MOPELIA
MOPELIA
MOPELIA

Au menu : coquillages, poissons perroquet, thon, tortue, langouste, tarot, hipo, poé de citrouille, sans oublier le poulet congelé de Nouvelle Zélande que les invités ont amené. Certains ont apporté l’alcool de leur fabrication, à base de levure.

MOPELIA
MOPELIA
MOPELIA

L’ambiance est gaie, quand ça chauffe Marcelo apaise.

Adrienne et Marcello …

MOPELIA

Adrienne n’a pas quitté Mopelia depuis 3 ans. Elle aime sa vie ici. Leurs quatre enfants sont là; après avoir tous passé leur bac et plus ou moins poussé des études à Papeete, ils viennent faire le coprah à Mopelia en attendant mieux. Hio leur fils connaît particulièrement bien la faune de l’atoll, il nous emmène voir des lori nonette cachées dans les cocotiers.

MOPELIA
MOPELIA

On ne le voit pas bien sur les photos mais le plumage est bleu foncé.

Le voilier Croc Pom, de François et Frédérique que nous avions connus à Papeete, est là, avec un couple de jeunes canadiens chargés de le ramener en France. C’est leur premier séjour en Polynésie, ils sont émerveillés de cette hospitalité. Lise apprend à faire des colliers de coquillage avec les filles de Marcello et reçoit leurs confidences. Elle est effarée de ce que les femmes travaillent dur.

MOPELIA

Quelques photos d’oiseaux de mer, Mopelia en est très riche.

MOPELIA

Les Kaveka, sternes à dos gris et sternes fuligineuses, font leurs œufs à terre :

MOPELIA
MOPELIA
MOPELIA

Les frégates Ariel préparent leurs nids :

MOPELIA
MOPELIA
MOPELIA
MOPELIA

Les phaetons ou paille-en queue à queue rouge, dont les plumes étaient très recherchées pour les parures de chef, nichent aussi, à terre en sous-bois :

MOPELIA
MOPELIA
MOPELIA

Les courlis d’Alaska sont là aussi, au chaud. Ces échassiers au chant très doux hivernent en région tropicale où ils effectuent une mue complète. Ensuite ils repartent pondre en Alaska.

MOPELIA
MOPELIA

Un peu plus tard, en juillet, les fous et les gygis nicheront…on en voit peu en ce moment

MOPELIA
MOPELIA

Huit jours passent ainsi, à partager la vie des habitants de Mopelia et observer les oiseaux.

La météo nous annonce du vent pour au moins une semaine, nous partons, Croc Pom derrière nous…

13 mai 2015 3 13 /05 /mai /2015 09:56

12 Mai 2015

Galerie PHOTOS

Avant de quitter la Polynésie une nouvelle fois, nous coulons des heures douces sur l'ile de Huahiné. Certainement la plus belle et la plus tranquille des iles de la Société. 6000 habitants répartis entre Huaniné Hui , la grande, et Huahiné iti, la petite, deux iles séparés par un chenal non navigable, entourées d'un lagon au bleu intense de toute beauté , un bleu qu'on retrouve toujours dans les iles montagneuses, lorsque la forêt descend ses verts jusqu'au fond de l'eau.

 

HUAHINE

Côté mer ce bleu profond tranche avec l'émeraude éclatant quand on approche du récif, côté terre il devient miroir dans des baies profondes que seuls des sauts de poissons viennent troubler.

HUAHINE
HUAHINE
HUAHINE

Faré est le port , difficile de trouver une ambiance plus cool….Huahiné est l'ile préférée des artistes amoureux de la Polynésie, on les comprend.

HUAHINE
HUAHINE

Nous retrouvons quelques amis qui ont posé leur sac de philosophie dans ces décors bénis; un vieux copain de Bretagne venu se fondre dans le paysage polynésien il y a 25 ans, et d'autres amis rencontrés en bateau, en Patagonie, aux Tuamotu, à Tahiti. Cela nous rappelle la Colombie Britannique, avec des gens qu'on rencontrait au fond de baies boisées et paisibles, qui avaient choisi de vivre en marge du monde, pas complètement car il faut gagner sa vie, élever les enfants, garder le contact …sans jamais perdre de vue leur principe essentiel qui est la recherche de paix et d'harmonie. C’est tout simplement magnifique…

HUAHINE
HUAHINE

Difficile de s'arracher à ces endroits mais ça y est , nous partons. Vers les Samoa. 1200 miles, que nous avalerons à petites doses car le ciel ne nous promet pas beaucoup de vent, du moins sur une partie de la route.

Le temps idéal pour récolter du plancton (ça se récolte en chalutant à deux noeuds maximum). Contactés par des chercheurs issus de la mission scientifique de Tara Océans nous avons embarqué du matériel pour prélever du plancton sur notre parcours, le sécher et le conserver. Convaincus sans mal de l'importance du plancton pour l'avenir de notre planète, (non seulement il nourrit les poissons que nous pêchons mais aussi il fournit la moitié de notre oxygène) , et ravis de prévenir ainsi les problèmes existentiels qui devraient nous affecter après tant d'années sur l'eau, nous sommes devenus des planktonautes…Youpi !!!

Tout un monde à découvrir encore ...celui du plancton, pas des planktonautes !

21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 11:46

......PHOTOS.......  .....Position........

 

Avec quelques jours de décalage je poste cet article sur Raiatea. Nous sommes en Bretagne maintenant, après une courte  escale à Paris.

 

 Nous avons laissé Kauana  sur l’ile de Raiatea, à terre,  aux bons soins de Dominique au chantier Carénage. Après beaucoup de pluie quelques jours de beau temps étaient bienvenus pour sécher les voiles et préparer un « hivernage » ; hivernage  particulièrement soigné puisqu’on est en année «  niño » avec un risque de cyclone un peu plus marqué et surtout beaucoup d’humidité

 RAIATEA TAHAA 02

 

Raiatea, Tahaa, deux iles dans un seul grand lagon .

 

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 Dans la mythologie polynésienne Raiatea était la tête d’une pieuvre dont les tentacules s’étiraient entre Hawai, l’ile de Pâques et la Nouvelle Zélande. Historiquement c’était le grand centre culturel et religieux dédié au culte du dieu Oro, d’où essèmaient les prêtres et membres de la secte des Arioi.

 

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Une pierre du grand marae de Taputatpuatea était emportée pour fonder des marae dans les autres iles du triangle polynésien… Ce rayonnement passé a valu à Raiatea le titre d’ile sacrée.

 

Aujourd’hui  une forte concentration, je serais tentée de dire une colonie, de popas ( =français) y coule des jours heureux, loin des turbulences de Tahiti, baignés par une mer émeraude aux couchers de soleil divins.

 

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Depuis longtemps le mot s’est donné, Raiatea est le rendez vous des «gens de bateaux », tous les circumnavigateurs y passent, certains restent un peu, d’autres longtemps, continuent à vivre sur l‘eau ou s’installent à terre.

 

RAIATEA TAHAA 34

 

 On y trouve 12000 habitants, un collège, un lycée, un lycée professionnel, un hôpital, des chantiers d’entretien de bateaux, deux petites marinas, quelques hôtels et surtout une flotte de bateaux de charter-location  chaque année grandissante.

 

 

RAIATEA TAHAA 40

 

Tout cela amène du boulot, du boulot dans lequel les navigateurs excellent.

 

Nous y retrouvons des amis venus de partout, l’ambiance est sympa. Des amis connus en Patagonie qui ont fait 50 jours de mer pour que leurs enfants gôutent aux eaux du lagon repartent vers Ushuaia, d’autres qui arrivent de Nouvelle Calédonie, ou qui partent au Japon sur les traces de  Kauana, ceux qui partent aux Marquises pour la saison des cyclones, et tous ceux qui  restent là la tête pleine de projets. Quelques temps emportés dans l’utopie insulaire de la vie aux Marquises certains sont revenus dans les eaux plus claires de Raiatea pour élever  leurs enfants ou plus simplement survivre… « Kaoha » ,« Mave maï »,( «  Bonjour » «  Bienvenue » en marquisien), semblent tatoués dans les regards nostalgiques.

 

RAIATEA TAHAA 14

 

 Qu’on se le dise, entre Raiatea et Tahaa on est au paradis, avec tous ses saints les anges et leurs trompettes. Quelques évènements sportifs sortent cette petite bourgade de sa torpeur tropicale. Au mois de Mai la TPR, Tahiti Pearl Regata, régate au départ de Raiatea avec une centaine  de voiliers inscrits, couronne le succès du yachting en Polynésie. A la Toussaint l’Hawaiki Nui, course de pirogues sur trois jours entre Huahiné et Bora Bora, exprime à la fois la puissance physique, la connaissance de la mer et la joie de vivre des polynésiens.

 

RAIATEA TAHAA 43

 

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Une centaine de V6, vaa à six rameurs, participent à cette belle épreuve qui alterne parcours en haute mer et parcours en lagon. C’est l’occasion d’une grande fête sur l’eau que la pluie affecte peu;  avec l’annexe nous nous mettons au cœur de la mêlée pour ramener quelques images...

 

RAIATEA TAHAA 51 

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 Six cent rameurs au ras de l’eau, plus tous les spectateurs et supporters , ça fait des vagues!

   

Raiatea et Taha ont aussi une vie agricole traditionnelle et sont réputées pour la production de vanille.

 

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RAIATEA TAHAA 33

 

Sous la pluie, avec Gilles nous sommes montés au sommet du Mont Temehani  à la recherche du tiare apetahi ; cette fleur à 5 pétales a la particularité de ne pousser que sur ce plateau situé à  environ 800 mètres d’altitude, on ne la trouve nulle part ailleurs dans le monde…

 

RAIATEA TAHAA 60

 

La légende  raconte qu’à la suite d’une dispute conjugale la femme d’un pêcheur de Raiatea serait aller au Mont Temahani pour mettre fin à ses jours : coupant son bras elle l’aurait enterré et un arbuste avec des fleurs semblables à une main à cinq doigts serait sorti du sol. Le mari éploré eut beau ramener une branche de cet arbuste pour le planter devant son fare il ne réussit jamais à le faire fleurir…

 

RAIATEA TAHAA 59

 

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Le tiare apetahi n’a aucun parfum, et d’après ce que je sais on a réussi à le  reproduire aux Marquises et aux Australes mais de couleur mauve…Nous nous promettons de refaire cette belle balade avec un temps plus dégagé…

 

RAIATEA TAHAA 56

 

 

 

 

 

3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 23:39

……Album photos …..

 

Navigant entre Moorea et Huahiné, nous atteignons mollement la fin d’après-midi sous un ciel orageux. Il y a peu de vent, il nous vient de l’arrière. Soudain le moulinet  sonne : «  Driiiiiiinggg !!! »  Il s’emballe, dévide presque tout le fil… On se précipite , «  Je ne sais pas ce que c’est mais c’est gros ! » …Rémi freine doucement la bobine devenue brûlante, le fil ne casse pas, « il »est toujours là ! Une nouvelle histoire de pêche commence !

Sous grand voile seule Kauana avance à moins de trois nœuds. Pour ramener les trois cent mètres de fil qui nous séparent de notre prise nous nous y mettons à deux tellement c’est dur.

Une main après l’autre  nous rapprochons l’Inconnu. Ce n’est pas un mahi mahi, nous n’avons rien vu sauter. C’est peut être un marlin, ou un thon…Mais c’est curieux, il ne se débat pas, on sent plutôt une très grand force d’inertie au bout du fil, pas de soubresaut ni départ en accélération à droite ou à gauche, ni plongée vers les profondeurs…un gros pépère qui se laisse tirer !  A moins qu’un requin se soit accroché à notre proie, pour ne nous laisser à l’arrivée qu’un petit bout de tête ? ça arrive...


VIEUX THON 001

 

 Quand une forme claire commence à se dessiner dans cette eau bleu marine nous sommes sûrs que c’est un requin… « Balaise ! »  dirait Teva, il mesure bien deux mètres. Il va falloir tout couper… Mais non ! «  Regardes ces grandes nageoires, et sa queue bordée de jaune, c’est un thon ! un « yellow fin’ ». Il est énorme ! » Il serait indécent de lui demander son tour de taille mais pour en avoir déjà vu on estime son poids entre 80 et 100 kilogs! Quel âge peut avoir une bête de cette taille ? «  Regardes-le bien il va partir d’un coup ! » Je prends quelques photos quand il arrive le long du bord…


VIEUX THON 003

 


Comment allons-nous le remonter ?

Notre croc relié au bateau par un bout est dérisoire, quand il va s’agiter il va tout casser. Lui faire un nœud coulant autour de la queue, en passant par en haut le long du fil, ce que nous appelons la méthode Félix… ses nageoires sont trop larges, ça n’ira pas…

Pour l’instant il est sage, trop sage. Il est à la surface maintenant, il faut attendre qu’il se fatigue…

 

VIEUX THON 004

Nous distinguons alors une masse sombre qui nage  à ses côtés, disparaît derrière, dessous, revient: ils sont deux ! notre ami, car depuis le temps que nous nous parlons au bout du fil nous sommes un peu amis, est escorté par un compère, plus gros que lui encore!

 

VIEUX THON 005

 


Soudain, coup de théâtre! Celui qui n’était qu’une ombre accélère, dépasse l’autre, saute hors de l’eau, et dans un tête à queue magnifique il tape le fil et retombe sur la tête de son compère. Libres ! ils sont libres ! le fil a cassé net ... Les voilà repartis vers les profondeurs… avec un hameçon dans la mâchoire, certes, mais on sait qu’ils peuvent vivre avec ce genre de piercing…Que d’intelligence et de précision dans la manœuvre ! Nous remettons le génois et continuons notre route, tout heureux que cette histoire se termine plus joliment que dans notre assiette…

27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 01:02

 

 

......ALBUM PHOTOS.......

 

Nous sommes de retour à Tahiti, nous venons de mettre à l'avion nos petits enfants de Lifou après quinze jours à Moorea …


C'était la première fois que nous avions des petits-enfants à bord sans leurs parents…Ils ont 7 et 9 ans, un vrai régal!  


2014 MOOREA C&M 001

En se levant le matin on se demande à quoi on va jouer et le soir on s'endort épuisés!

Nous avions peur que venant de Lifou ils soient blasés de la vie au bord de l'eau, mais bien au contraire : plonger du bateau dans une eau tiède et transparente  est un vrai bonheur, se baigner à la cascade, jouer aux cartes, chanter... on ne s’ennuie pas !

 2014 MOOREA C&M 011

 

2014 MOOREA C&M 016

 

 

2014 MOOREA C&M 046

 

2014 MOOREA C&M 050

 

Il faut dire que le lagon de Moorea  se prête à toutes les aventures: 

Balistes, poissons coffres, raies  aigle et pastenagues viennent partager le petit déjeuner à l’arrière de Kauana,

 

2014 MOOREA C&M 012

 

2014 MOOREA C&M 006

 

Au lagoonarium du Motu Ahi Wilfred nourrit  la mer deux fois par jour, les enfants adorent y aller, toucher les poissons, caresser les raies ;

 

2014 MOOREA C&M 106

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Wilfred reçoit souvent les écoliers de Tahiti auxquels il fait découvrir les secrets du lagon. Ici le très venimeux poisson-pierre :

 2014 MOOREA C&M 080

 Il surveille bien qui fréquente sa réserve : les raies ont le dard coupé, la murène est apprivoisée, et les requins pointe noire sont éloignés s’ils se montrent trop frénétiques. Habitués à la présence humaine toute cette faune se laisse approcher…

 

2014 MOOREA C&M 108 

2014 MOOREA C&M 099

 

Voilà Cisco parti en rodéo avec une raie, elle l’adopte et l’embarquera plusieurs fois. Wilfred se réjouit de cette aisance.

 2014 MOOREA C&M 096

 

2014 MOOREA C&M 101 

Mané s’y essaye aussi, ce n’est pas si facile!

 

2014 MOOREA C&M 102

   

2014 MOOREA C&M 103

 

Du bout du tangon elle préfère s’envoler au-dessus des mâts,

 

2014 MOOREA C&M 061

 

2014 MOOREA C&M 062

 

Cisco marche sur les eaux,

 

2014 MOOREA C&M 066

 

Les baleines sont encore là, on les observe le long du récif. De juillet à Novembre les baleines jubartes viennent du Sud pour élever leurs petits dans les eaux chaudes, elles entrent parfois  dans le lagon.

 

2014 MOOREA C&M 077

 

Dans la baie Cook nous retrouvons Hans et Sylvana avec leur plus jeune fille Heimiri qui a l’âge de nos petits.

 

2014 MOOREA C&M 074 

 

Hans travaille au lycée hôtelier de Tahiti, il rentre tous les soirs avec le ferry, comme beaucoup d’habitants de Moorea. Il a construit une maison de l’autre côté de la baie pour sa fille ainée, il s’est mis à la va’a, tous les jours il rame. Sylvana nous raconte comment ils ont gagné un pensionnaire : ayant pris en stop un jeune popa élève à l’école d’agriculture de Moorea celui-ci lui confie qu’il cherche un logement pour les week-end et les vacances, le pensionnat étant alors fermé. « Il n’y a rien ici, que des hôtels luxueux ou des pensions trop chères pour lui… » Rentrée chez elle elle repense à ce petit jeune, ses parents sont en France, ça lui fait peine. Elle le rappelle : «  Tu peux venir chez nous, tu donneras un coup de main à Hans dans le jardin… ». Voilà bientôt deux ans qu’il est avec eux, ils s’amusent de ses côtés jeune popa plein d’enthousiasme et de science mais veillent sur ses fréquentations comme pour un fils.

 En ce moment on parle  beaucoup du shark-feeding, une activité très pratiquée à Moorea pour montrer les requins-citron aux touristes. A la base, appâter les poissons c’est ce que fait le pêcheur, ou  Wilfred dans son lagoonarium. Mais exciter le requin pour le plaisir des yeux c’est autre chose. L’âge moyen des visiteurs du fenua  faisant qu’ils ne plongent plus, on en est venu à attirer les requins à la surface, ce qui devient carrément dangereux pour tout le monde. Les pêcheurs locaux protestent, les requins ont changé leur comportement naturel, ils deviennent agressifs.

 

A bord la pêche n’a pas été très fructueuse mais les émotions au bout du fil sauront assurer la réputation de Kauana. Un  gros bernard l’hermite :

 

2014 MOOREA C&M 014

 

Voilà nos motuas repartis, on les espère indemnes de la chinkunguya qui sévit bien en Polynésie. Nous, nous avons le blues.

 

2014 MOOREA C&M 115

 

Quelques visites aux amis et nous repartons en milieu de semaine vers Huahiné et Raiatea.

 

 

23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 23:08

  Pas de photos dans ce post...Que des mots!

 

  Depuis deux semaines nous sommes au mouillage à Tahiti ; Rémi a entrepris des travaux de maintenance sur le bateau , chaque matin il me pose au Tribunal d’Assises de Papeete. J’ai été tirée au sort comme jurée pour cette session, il y en a quatre par an, de deux à trois semaines chacune. Six procés sont prévus pour cette session. Un voyage dans un autre monde, deux autres mondes plutôt : celui de la justice française, et celui de la société polynésienne...pas celle que nous connaissons, mais celle dont on dit : " ça fait honte", "e  mea haama ". Aux Assises on juge les grands criminels, ce ne sera donc pas une croisière sur les eaux claires du lagon…

 

  Avant tout on commence par une visite à Nutaania,la prison de Papeete. Située au fond d’une vallée de Faa, elle a le triste privilège d’être la prison la plus surpeuplée de France : 430 détenus pour 160 places…Il y a une prison de 17 places à Raiatea, et une de 4 places aux Marquises, la maison fleurie au centre de Taiohae, où des troncs de cocotiers posés comme des bancs marquent la clôture. Ici : béton, macadam, barbelés, les espaces verts sont inexistants et les bâtiments plutôt vétustes. Du linge pend à toutes les fenêtres, accroché aux barreaux ; on nous fait entrer partout jusque dans des cellules occupées. Espace minimum. Des « Ia orana », « kaoha » nous sont lancés sur un ton amical au travers des murs. Au-dessus des portes il y a des petites ouvertures : des mains glissent entre les barreaux des petits miroirs en plastique pour suivre ce qui se passe… Pas de rebellion à Nutaania, les polynésiens acceptent leur peine ; les rapports avec le personnel sont humains, « Les conditions matérielles sont très difficiles, mais on est tous dans la même galère, il faut faire avec… » nous explique la directrice …. Une nouvelle prison est prévue pour 2017.

 

  Nous sommes vingt jurés à l’appel pour chaque procés . Nous sommes assis sur des bancs comme à l’église, Madame la juge présidente tient l’accusé par le bras et l’amène en face de nous : « Un de vous connaît-il cette personne ? » , ce qui serait un cas de récusation automatique. Ensuite vient un nouveau tirage au sort : six d’entre nous vont faire partie du jury de délibération ; je suis tirée au sort une seule fois, récusée immédiatement, c’est un droit que les avocats utilisent sans avoir à se justifier, pour constituer un jury à leur convenance. C’est frustrant, je ne suis pas obligée de rester…mais je reste. Je suis là, et après ce premier échange de regards qui vient d’avoir lieu avec l’accusé, je ne peux pas m’en arrêter là et rentrer au bateau…Je vais donc assister à tous les procés… ce qui avec un peu de recul est une erreur, je pense, car c’est lourd psychologiquement et ça ne sert à rien ni à personne puisque je ne participe pas au délibérations finales…

  Dans cette expérience je vais passer par plusieurs sentiments: la crainte et l’envie d’être tirée au sort pour faire partie du jury qui délibère, la curiosité, le dégoût devant les horreurs étalées, la compassion, le soupçon d’être là pour du voyeurisme, la révolte devant certains réquisitoires, l’admiration pour d’autres , et finalement une certaine amertume…Je découvre le fonctionnement d’un procés, l’importance accordée aux enquêtes de personnalité qui me semblent faites sur la base de cancans du voisinage ou expertises qui se contredisent,le cynisme, la manipulation, la capacité humaine à mentir, à faire dire aux mots ce que l’on veut…

  Mais ce n’est pas vraiment pour cela que je reste. En fait une question me hante : comment la justice française peut-elle traiter des affaires polynésiennes ? est-ce de la justice ou la justice française? quelle valeur est accordée aux composants culturels de chaque être humain, de chaque mot et de chaque fait ?

 

  Entre l’estrade où siège le jury et la barre où viennent les témoins , il y a un personnage clé : l’interprète. Il y a un interprète tahitien, et pour un procés entre tinitos ( chinois de Tahiti) une interprète chinoise…Les tinitos s’exprimant bien en français, elle n’a eu à traduire que les injures ! Par contre l’interprète polynésien intervient très souvent ; lors d’une pose il me confiera comme ça lui fait peine parfois de ne pas pouvoir traduire comme il aimerait. Il doit traduire les mots uniquement, mais il sent bien que c’est toute la façon de penser qui est différente. Il aimerait dire ce qu’ils , (accusés victimes témoins), veulent dire au lieu de dire ce qu’ils disent … L’objectif des interrogatoires, lors de l’instruction qui a duré en moyenne deux ans ou le jour du procés, c’est de faire sortir la vérité… Mais nos armes pour détecter le mensonge sont-elles efficaces ?

« C’était quel jour ? », « quelle année ? » « tu avais quel âge ? »... Lors des déclarations aux gendarmes on a donné une heure, une date , très précises, parce qu’il fallait bien en donner une ; mais à l’interrogatoire suivant on n’hésite pas à dire autre chose. Les notions de temps sont un casse-tête pour nos juristes : pas moyens d’obtenir une concordance des dates dans les récits, est-ce du mensonge ou une négligence, voire incapacité, à se situer dans le temps? Pour le polynésien il y a le temps présent . Le passé c’est un grand flou, le futur on n’en parle pas… Deux ans ou dix ans auparavant c’est pareil : « c’était avant » …

« Est-ce que tu subis des pressions ? » demande-t-on à une jeune fille qui ne veux pas parler…La question est répétée plusieurs fois, avec patience.Elle relève enfin la tête et lâche: « C’est quoi des pressions ? » ...

Lors d’un procés les différences culturelles sont sorties de façon plus forte. Il y a une "tradition" en Polynésie dont on a souvent entendu parler aux Marquises, le motoro. Elle fait trembler, sourire ou fantasmer mais surtout râler car elle oblige à fermer sa fenêtre pour dormir. Les jeunes hommes, -mais « même les filles le font » m’a dit une juré-, s’autorisent à pénétrer nuitamment dans la chambre d’une femme, la caresser alors qu’elle dort, aller plus loin si c’est possible…en général ils repartent chassés à coups de pied dans l'obscurité. C'est arrivée à deux navigatrices solitaires que  je connais alors qu'elles étaient au mouillage, c'est arrivé ausi à plusieurs de mes amies polynésiennes, elles n'apprécient pas du tout…Cette fois la victime était une popa dans un hotel, elle a eu extrêmement peur, deux ans après elle en tremble encore. Une fois l'agresseur parti elle a appelé les gendarmes puis déposé une plainte pour tentative de viol, crime qui est jugé devant les Assises. L'accusation requalifiée en « agression sexuelle » vaudra la prison à ce jeune homme qui par ailleurs n’a pas un casier judiciaire vierge…

Ce n’est pas tant le verdict qui m’amène à évoquer ce cas que le décalage des propos tenus lors des réquisitoires. Dans notre culture occidentale ce qu’il a fait est un crime, alors qu’au regard des polynésiens c’est une bêtise qui mérite correction… Mais au tribunal chacun joue son rôle, on est en plein choc des cultures…

 

Voilà, nous repartons quelques jours vers des eaux plus claires en attendant Cisco et Mané, nos petits mo'otua de Lifou qui viennent passer leurs vacances à bord.

9 septembre 2014 2 09 /09 /septembre /2014 04:24

………GALERIE PHOTOS ………

 

« Te Feti’a Avei’a », « L’étoile guide », un spectacle de danse du groupe O Tahiti E dans le très beau site du Marae Aruharuha à Paea. J’aime beaucoup ce que fait ce groupe mené par Marguerite Lai, le décor est magnifique, et nous sommes particulièrement motivés car deux des meilleurs danseurs sont des enfants de nos amis, nous les avons connus tout jeunes, c’est un bonheur de les voir là…

 

000 TE FETIA AVEIA

 

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 Poe, de père tahitien et mère popa, est institutrice, elle a été candidate au titre de meilleure danseuse de Tahiti en 2009, elle crée des chorégraphies pour le groupe…Abel, 20ans, de parents tahitiens, travaille en comptabilité,il a intégré le groupe il y a deux ans.… 200  artistes participent au spectacle, 100 chanteurs les accompagnent.. Il faut savoir que tout ce monde est amateur, la danse est une passion qui inonde leur vie mais ne les nourrit pas .

 

135 TE FETIA AVEIA

 

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Nous allons donc à Paea. Lisette  nous a prêté une voiture, cadeau bien appréciable à Tahiti. Maururu, Lilou !

 

Cette dernière représentation d’un spectacle commandé par le Ministère de la Culture, étonne au premier abord par un côté «  débridé ». Habitués aux alignements parfaits du Heiva sur la scène de Tohata, on sent là, autour d’un récit construit, une explosion de joie et de liberté communicative: le pur bonheur de danser, partager sa culture, sans la tension des concours, et malgré le sol caillouteux …

 

  L’histoire est simple à suivre : Pa’ao, second fils de l’arii Tuera’i  doit quitter la terre natale et fonder une nouvelle société ma’ohi sur une ile dont on soupçonne l’existence mais qui reste à découvrir.

 

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 Les costumes évoquent tantôt la mer tantôt la terre, les choeurs accompagnent le récit.

 

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On voit les charpentiers qui  se mettent à construire la pirogue double après avoir laissé leurs herminettes « se reposer » une nuit sur le marae, selon le rite ancestral, et demandé pardon à la nature pour les arbres abattus.

 

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  Les danseuses fêtent les artisans.


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 Le grand prêtre met sous une pierre du marae la corde à présages qui permettra de vérifier le sort des navigateurs.

 

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  La population participe à la préparation du voyage en amenant des plantes et des animaux, en invoquant les bons vents…

 

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  Le départ approche, et le temps des adieux  aux parents : le père remet à son fils cadet le cordon qui le relie à ses ancêtres, chaque nœud représente un élément de la généalogie, Pa’ao devra le transmettre à ses enfants. . .

 

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  La pirogue est prête, on hisse les voiles.

 

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 Les premiers jours de navigation sont paisibles, guidés par l’étoile Faupapa, Sirius,  dont la pirogue a pris le nom. L’équipage se laisse bercer par la mer et les chants .

 

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  Puis  les étoiles quittent le ciel, la tempête arrive, la pirogue dérive, la nourriture se gâte, l’équipage connaît la peur et la faim…

 

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 Quand enfin la mer se calme et l’étoile guide réapparait, les navigateurs scrutent l’horizon à la recherche de l’ile, observant les oiseaux, les nuages, les débris sur l’eau…tout ce qui permet de détecter la présence d’une terre.


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 Enfin ils voient l’ile, sous un nuage que retiennent les montagnes, c’est la joie à bord…

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Pa’ao doit fonder la nouvelle société ma’ohi à l’identique de celle dont il est issu, il va déposer à terre la pierre qu’il avait prélevée sur le marae de son ile d’origine pour fonder le nouveau marae…

   

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  La vie à terre avec les fruits et les animaux peut commencer, ainsi que la construction d’un nouveau marae.

 

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  Pa’ao est intronisé nouveau arii , son épouse est couronnée

 

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  Sur l’ile d’origine le grand prêtre soulève la dalle du marae : le cordon est toujours là, Pa’ao a réussi son voyage, les dieux peuvent regagner leur domaine et le marae se reposer…

 

Combien de fois cette histoire s’est répétée dans l’épopée du peuple polynésien ?

 

Les connaissances en navigation des Polynésiens n’ont pas fini d’étonner  ...

Lorsque Cook passe à Tahiti en 1769, après Wallis et Bougainville, il embarque à son bord un prince de Raiatea, Tupa’ia, qui va guider l’expédition jusqu’en Nouvelle Zélande, puis le long des côtes australiennes jusqu’à l’ile de Java. L’Histoire n’a pas retenu le nom de Tuapa’ia car toute la gloire devait revenir à l’Angleterre  mais les récits des officiers de l’Endeavour  laissent voir l’importance du rôle qu’il a joué : à la fois comme navigateur avisé , il guide les Européens parmi  ces centaines d’iles  qu’il semble connaître, et comme  interprète auprès des populations ma’ohi qui parlent la même langue qu’à Tahiti et  reconnaissent en lui un prince ambassadeur de la mère-patrie. C’est en effet de Raiatea, l’ile sacrée, au grand marae de Taputapuateha,  qu’étaient partis 2000 ans auparavant les explorateurs ma’ohi pour essaimer dans ce qu’on appelle le triangle polynésien ( Nouvelle Zélande, Hawai, Ile de Pâques)…

Tout au long du voyage à bord de l’Endeavour Tupaia est  capable d’indiquer précisément la direction de l’ile de Tahiti. Il  connaît les astres, et « utilisant des méthodes de navigation astronomique directe, par arc de grand cercle, il se place de facto sur la route maritime la plus courte d’un point à un autre, appelée orthodromie, évitant ainsi, sur les longs trajets, les inconvénients des tracés loxodromiques du système carthographique occidental ». Il établit  une liaison directe et unique entre l’image du ciel à un moment précis et l’azimut d’une ile située à des milliers de miles de là.

Mais le Polynésien ne dévoile pas toutes ses connaissances aux Anglais. On imagine qu’en embarquant  avec eux il a cherché à mieux cerner ces étrangers et leurs intentions sur  l’océan de son peuple, et peut être aussi aller jusqu’à leur terre d’origine, l’Europe…. Après un peu plus d’un an de navigation Tupa’ia meurt à Jakarta de scorbut et malaria…

 

 

6 août 2014 3 06 /08 /août /2014 05:18

........GALERIE PHOTOS TUAMOTUS 2014.......

 

...GALERIE PHOTOS SOUS MARINE....

 

Retour  sur le mois de Mai....

 

Nous passons le mois de Mai aux Tuamotu, entre deux atolls que nous ne connaissions pas : Tahanea et Kauehi.

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068 KAUEHI 2014

074 KAUEHI 2014

  

 On appelle cet archipel  de Polynésie  les «Tuamotu» , ce qui signifie «un ensemble d’iles», un motu étant une ile. Avant cela on l’ appelait les «Paumotu», ce qui signifie «iles conquises», ces iles ayant été conquises par le roi Pomare I°…ou également «iles vertes» , «pau» pouvant signifier la couleur verte du lagon que les navigateurs devinaient dans les nuages au-dessus d’un atoll…Les habitants s’appelaient également les Paumotu. Mais cette connotation d’iles conquises ne leur plaisant guère, ils ont demandé à ce que l’archipel soit nommé «Tuamotu», les habitants restant les Paumotu.

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Surnommé aussi «l’archipel dangereux» sur les cartes anciennes tant il était difficile de s’y aventurer sans cartes marines ni GPS, les Tuams, comme on dit, c’est tout ou rien: on aime ou on n’aime pas, on se laisse éblouir par la pureté de la lumière, les couleurs du lagon, la richesse de la faune sous marine, la simplicité des habitants…


  029 TAHANEA 2014

 

016 TAHANEA 2014

 

ou on repart dégôuté par l’âpreté de cette vie au ras de l’eau, les ombres découpées à vif par un soleil ardent, l‘isolement que la bière et le gas oil ne peuvent faire oublier, le sol stérile,  les églises qui tiennent lieu de vie sociale, les jours de pluie où l’atoll n’est plus qu’une serpillère …

En tant que plaisanciers visiteurs on aime !

 

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077 KAUEHI 2014

 

   Partis de Tahuata nous arrivons devant Tahanea au petit matin, il faut ralentir et attendre la renverse des courants et la lumière du jour pour franchir la passe.

Il y a bien les restes d’un village, mais ce paradis inhabité, qui n’a jamais vu d’implantation de ferme perlière, est seulement visité par les pêcheurs d’autres iles, quelques voiliers et clubs de plongée.

 

014 TAHANEA 2014

 

   Nous y passons deux semaines sans voir personne…d’un motu à l’autre, à contempler, pêcher, glâner des coquillages, faire des photos….Nos compagnons de solitude sont les oiseaux, frégates, nodis, sternes, et les requins aussi abondants que la pêche est bonne. Un mail à Philippe, habitué des lieux, nous confirme qu’il n’y a pas de ciguaterra.


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  Pour varier le menu Rémi attrape quelques kaveous. Ce sont de gros crabes de terre qui vivent dans les sous bois humides où ils se nourrissent de la fibre de coco. Chair raffinée,  au parfum d’humus, dont les polynésiens sont friands. Comme en politique il y a les oranges et les bleus. A regarder, les bleus sont plus beaux,  mais quand ils sont cuits ils sont tous orange!


027 TAHANEA 2014

025 TAHANEA 2014

 

 Ceux-là ne sont pas très gros: après la photo on les relâche…

 

Navigation de nuit vers Kauehi, au ralenti encore, pour ne pas arriver trop tôt devant la passe.

Nous nous arrêtons d’abord au mouillage en face de la passe, trois voiliers sont à l’ancre. Une cabane sur la plage est habitée. Nous faisons ainsi connaissance d’Edouard et Débora: ils passent la semaine à casser le coprah et rentrent le week end au village.

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 Edouard et Debora décortiquent et font sécher le coprah sur place, comme cela se fait  aux Marquises,

 

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 alors que souvent dans les atolls, grâce à la voiture, beaucoup préfèrent transporter les cocos et décortiquer devant leur maison au village, la vie y est moins rude…

 

088 KAUEHI 2014

   

 Pour le week-end de la fête des mères c’est la famille qui vient au secteur, c’est ainsi qu’on appelle ce qui n’est pas le village; joyeuse tablée à laquelle nous sommes conviés comme au bain qui fait passer l’hinano …

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Après la fête nous  traversons l’atoll et mettons l’ancre devant le village. Kauehi est un des rares atolls où on peut mouiller tout près du village, ce qui  permet de passer du temps avec les habitants qui nous accueillent avec une belle simplicité.

Ici tout semble transparent, comme l’eau du lagon, la lumière du ciel, la brise qui passe dans les palmes des cocotiers: on nous ouvre sa maison, son cœur, on nous invite à la table familiale, on nous raconte la petite vie locale, comme si on faisait partie de  famille, ou qu’on allait tout emporter tel le vent qui balaye les nuages...

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121 KAUEHI 2014

  Lorsque Stevenson avait fait escale à Kauehi l’atoll était inhabité. Aujourd’hui Kauhei compte une centaine d’habitants, trois fois plus d’après les statistiques …un aérodrome, une pension, une école, une église, deux magasins, un groupe électrogène communal.

 

078 KAUEHI 2014

 

Il y  une vingtaine d’années de  nombreuses fermes perlières ont vu le jour, amené la richesse pour un temps et l’espoir d’une vie meilleure. Il n’en reste plus qu’une seule en semi activité : la crise de la perle et du monde est passée par là, ceux qui n’ont pas quitté l’atoll ont repris les activités traditionnelles : le coprah, la pêche, l’artisanat…Il n’y a pas de chambre froide communale, chacun congèle son poisson et l’expédie à Tahiti par un petit thonier qui vient d’Apataki …

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Kauehi est classé réserve de la biosphère. Nous bavardons avec une jeune femme en mission de comptage des oiseaux de mer pour l’association Manu. Il lui faut bien de la constance et du courage pour travailler avec une population pas vraiment concernée…Elle essaye d’inculquer une sensibilité écologique minimum, et freiner des gestes nocifs à la faune si fragile des atolls. Les plaisanteries fusent sur les omelettes aux œufs de kaveka, les oisillons rôtis et les pêches sauvages. Quand  elle s’entend dire en conclusion: «Moi c’est mon ile et dans mon ile je fais ce que je veux» on sent  que  sa foi est ébranlée …

 

  Pour ceux qui ne peuvent s’offrir des billets d’avion sur Papeete la vie quotidienne dans un atoll est monotone et l’isolement lourd.

Pour rythmer le temps on attend toujours quelque chose.

Là on attend la goélette Maris Stella qui doit amener le carburant. Les cuves sont presque vides, elles attendent sur le quai l’arrivée imprévisible du bateau fantôme, depuis une semaine l’électricité est coupée la nuit, donc les ventilateurs aussi …vivement le jour où tout se remettra en route !

 

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Les étagères du magasin sont vides  comme les porte monnaies,  on attend également la goélette «  Manureva nui » qui passe deux fois par mois…. La goélette fait tout : elle embarque la récolte de coprah et elle amène tout ce dont on a besoin. Payé sur l’heure on encaisse  le fruit de son travail, puis on achète tout ce qui se vend, donc on dépense ce qu’on a gagné... jusqu’au prochain passage du bateau…

Le Manureva Nui n’a ni jour ni heure fixe , ce qui met un peu de piquant dans la vie du village. il est annoncé pour Samedi ou Dimanche , tout le monde  redouble d’efforts sur le coprah ; il faut en avoir le plus possible à embarquer…

 

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Dimanche après la messe la cahute des acheteurs s’ouvre, chacun vient livrer ses sacs.

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Ils sont pesés .

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  Il y a deux acheteurs, tous les deux achètent pour Les Huileries de Tahiti, à un prix fixe subventionné, qui connaît quelques petites variantes locales : un acheteur offre plus mais paye à crédit, l’autre paye cash mais à un prix plus serré…

 

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Petit à petit tout le village arrive autour du quai. Par petits groupes on discute, on joue à la pétanque ou on fait la sieste , l’attente réunit…

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 123 KAUEHI 2014

 

 

130 KAUEHI 2014

 

 Quand  la radio annonce que le Manureva Nui a franchi la passe chacun sait dans combien de minutes on apercevra sa silhouette à l’horizon, dans combien de minutes encore on l’entendra mouiller son ancre ; car la goélette ne vient pas à quai, faute de profondeur suffisante…Une barge débarque les grues et les containers .

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En premier c’est le bosco qui débarque, on l’appelle le subrécargue, il est chargé par l’armateur de surveiller la marchandise.

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 Le coprah est une affaire vite réglée, entre gens de métier. Mais les achats c’est autre chose, un vrai poème.

Les femmes arrivent avec la liste de ce qu’elles ont commandées, comme des abeilles elles tournent autour du subrécargue. Il a tous les charmes, même celui de rédiger les chèques.

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  D’autres s’en vont vers les camelots qui font le voyage avec leur prore marchandise et vendent sur place. 

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 Ils ont des commandes passées, des lots à fourguer, et tout ce qui peut tenter…

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On voit malheureusement étalé entre l’église et le lagon tout ce qu’il y a de pire pour la santé : chips, coca, bonbons, mais aussi des filets de pêche, des chaussures, des parfums…

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 Puis chacun repart avec ses trésors, le coprah est chargé, l’horizon se vide…

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153 KAUEHI 2014

 

 

Jusqu’à la prochaine goélette…

 

Sous l'eau , les Tuamotus c'est ce qu'on a vu de plus beau..Rien qu'en surface on se  régale...

06 SOULO TAHANEA


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6 août 2014 3 06 /08 /août /2014 05:13

.......GALERIE PHOTOS MARQUISES 2014.........

 

Retour  sur le mois d'Avril...

 

Un mois aux Marquises c'est peu. Nous y étions restés presque deux ans entre 2002 et 2004, puis plusieurs semaines en 2006, 2007,2009.

"Vous êtes revenus…" nous dit-on affectueusement car ainsi sont faites les iles, de petits bouts de coeurs laissés aux gens qui passent et qui pour la plupart ne reviendront pas… Nous allons à Nuku Hiva, Ua Pou et Tahuata, regrettant de ne pas aller à Ua Huka, mais en cette saison avec la houle de Sud Est  le mouillage y est impraticable.

 

 020 NUKU HIVA 2014

  

117 TAHUATA 2014 

      Rarement le sentiment ilien est éprouvé aussi fort qu'aux Marquises. Terres les plus éloignées de tout continent , couvertes d'une végétation luxuriante, aux reliefs grandioses qui plongent dans l'océan, ces iles abritent un mélange d’indolence et vitalité qui laissent au voyageur un sentiment d'immortalité. Rien ne change et rien ne dure.

 

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042 NUKU HIVA 2014

 

025 NUKU HIVA 2014

 

    Au milieu des  pierres qui parlent  d'un passé pas si lointain où les tribus étaient menées par les grands prêtres,

 

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029 NUKU HIVA 2014

 

où les tikis veillaient sur les humains,

 

023 NUKU HIVA 2014

 

094 NUKU HIVA 2014

 

où les tatouages posaient les repères sociaux,

 

108 NUKU HIVA 2014

 

203 TAHUATA 2014

 

où les pahus résonnaient dans les vallées,

 

056 NUKU HIVA 2014

 

  où la danse et le chant polyphonique  racontaient la vie quotidienne, les émotions, les guerres, l’épopée polynésienne…

 

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115 UA POU 2014

 

 au milieu de tout cela  les villages qu'on appelle ici des " vallées", se modernisent doucement…

 

158 TAHUATA 2014

 

174 TAHUATA 2014

 

  Vu de l’extérieur on pourrait se croire dans une fiction mais dés qu’on commence à converser on prend conscience d’une réalité qui nous échappe , qui est pourtant la vie , l’a été et continuera à l’être, celle des 7000 marquisiens éparpillés sur six petites iles au milieu d’ un océan qui, en comparaison, devient virtuel…

 

Nous retrouvons des amis, on nous parle des vivants et des morts comme des saisons qui n'existent pas, des travaux entrepris comme de ceux abandonnés, des rêves qui ont fait vivre un temps et ne se sont pas réalisés, du festival qui a eu lieu cette année à Ua Huka : grande manifestation culturelle qui rassemble les  iles des Marquises, explosion de  danses, chants, préparations culinaires, costumes.

 

A cette joie des retrouvailles se mêle le douloureux sentiment de celui qui sait qu’il ne sait pas. Comme dans la chanson: «  On nous cache tout , on nous dit rien…» On sait qu'au-delà des rires il y a des souffrances. Les  yeux sombres  se voilent  parfois de mélancolie…

Pour ce qu'on nous  raconte on comprend que l’organisation de la santé est moins bien assurée qu’il y a dix ans. Les médecins sont débordés, les malades sont envoyés sur Tahiti …beaucoup préfèrent se taire et rester chez eux, résignés…

 130 TAHUATA 2014

 

Le grand changement par rapport à il y a cinq ans c'est la propagation du téléphone portable et des tablettes; ça ne fonctionne pas partout, loin de là, mais tout le monde en a ! ça se consomme sans retenue, s'il faut grimper au col pour mieux capter le signal on y monte à cheval. Quand ça ne marche plus ou que le forfait est épuisé on s'en passe, comme on a fait jusque  là.…

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 019 NUKU HIVA 2014

 160 TAHUATA 2014

 

   En attendant les touristes du paquebot Paul Gauguin qui lui achèteront peut-être une sculpture ou un collier de graines, cette Mamie joue  aux cartes sur sa tablette…

 063 NUKU HIVA 2014

 

 «  Ici nous avons la pluie du ciel et la pluie de la France...mais il ne faut pas toujours attendre la pluie » avions-nous un jour entendu dire par un élu. Il est réconfortant de voir plus de jeunes qui ont  choisi de rester aux Marquises; c’était différent il y a quelques années, pour beaucoup le paradis se situait à Tahiti à défaut de Los Angeles. Maintenant on nous dit :  « Si tu as un peu de terre, entre le faapu et les petits boulots tu t'en sors …C’est dur mais on vit… » Ces propos méritent d’être relativisés bien sûr, tout le monde n’ayant pas la chance d’avoir de la terre et la santé pour l’exploiter…Le faapu c’est le champ, le potager où on récolte les bananes, les mangues, papayes, citrons, pamplemousses, où on plante du tarot, des ananas, éventuellement des légumes moins exotiques comme les courgettes et les tomates…

 

104 NUKU HIVA 2014 

 Le prix du coprah, qui est subventionné, ayant été rehaussé cela est devenu l'activité principale, l'agriculture et la pêche étant plus une activité de subsistance; 

 

099 NUKU HIVA 2014

  

A quelques exceptions près bien sûr: à Anaho, dans la baie d'Atuata, Moana et Catherine cultivent tomates, aubergines, poivrons, papayes etc…qu'ils emmènent à dos de cheval et livrent chaque samedi à Taioahe;

 

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 014 NUKU HIVA 2014

 

 Nous avions connu leurs parents déjà installés là. Même bonheur et fierté de vivre avec son ile. Leur petit fils a pris le relais de sa Maman, Philomène, au jeu d’échecs…

 

016 NUKU HIVA 2014

 

  Artistes dans l’âme, toujours attentifs à la beauté des choses, les marquisiens sculptent la pierre, l’os, le bois, ils tatouent leur corps  avec exhubérance et finesse. Les meilleurs sculpteurs travaillent à longueur d’année et sur commande.

 083 NUKU HIVA 2014

 

187 TAHUATA 2014

 

 

A Taiohae , la grande baie de Nuku Hiva,

 052 NUKU HIVA 2014

 

Henri a ouvert un snack qui ne désemplit pas: jus de pamplemousse frais et kai kai  ( nourriture ) marquisien tous les jours, ou coca et steak frites pour ceux qui préfèrent…Non seulement Henri est accueillant comme seuls savent l'être les Marquisiens, mais en plus il offre un accés internet gratuit, ce qui est un cadeau inestimable pour les voiliers. Bonne ambiance autour de son snack avec aussi bien les navigateurs que les locaux.

 

044 NUKU HIVA 2014

A Hakahui nous nous régalons une fois de plus à faire la balade à la cascade, même sous une pluie torrentielle,

 

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087 NUKU HIVA 2014

 

et nous retrouvons avec plaisir quelques habitants connus auparavant : Richard, Augustin, Misele, les « gardiens de la vallée » comme ils se nomment eux-mêmes. Chasseurs, sculpteurs, ils ont choisi de vivre dans cette vallée envers et contre toutes les facilités de la vie moderne. Ils se disent « guerriers » alors que seule de la douceur émane de leurs yeux…

 

103 NUKU HIVA 2014

 

106 NUKU HIVA 2014

 

Femmes et enfants vivent à Taiohae, viennent pour le week end ou les vacances…

Titin nous raconte son voyage en France l’été dernier, Misele qui vit maintenant sur le plateau de Tovi est venu participer à la construction d’une future pension, Paul ex cuisinier dans un hotel de Bora est revenu sur les terres familiales, il défriche, plante, relève la maison en ruines avec enthousiasme : « Ici c’est la vraie vie… »

 

Teiki entretient son faapu et conduit les touristes à la découverte de la vallée…

 

077 NUKU HIVA 2014

 

Nous quittons Hakaui chargés de fruits, avec même un cuissot de chèvre à cuisiner. Il va falloir faire au moins aussi bon que ce que Jean Yves et les " guerriers" nous ont fait déguster!

 

109 UA POU 2014

 

A Ua Pou, Hakahau,  nous retrouvons Toti Claire Déborah Maté Patrice Jacques Pascal et d’autres … tous affairés aux prochaines élections, Rataro qui a développé l’apprentissage du vaa à l’école ; 

 

111 UA POU 2014

 

Emile qui sculpte moins et se consacre au faapu…

La grande affaire qui donne un avenir aux Marquises c’est l’inscription au patrimoine culturel de l’Unesco , à laquelle vient de s’ajouter l’inscription des eaux marquisiennes au patrimoine naturel …La demande remonte à plusieurs années déjà  mais il semble que c’est en bonne voie d’obtention, les délégations d’experts se succèdent, les voyages à NewYork aussi ; cette inscription a pour but de garantir une protection aux iles Marquises contre les ""requins de Papeete ou de Pékin…

 

Nous allons ensuite vers l'lle de Tahuata, le mouillage d'Hanamoena , puis Vaitahu et Hapatoni. Il y a dix bateaux quand nous arrivons, ils partent tous le lendemain..chargés de fruits offerts par les habitants. Les marquisiens sont d'une générosité extraordinaire. Comment dit-on merci en marquisien?

Le mot est.« koù taù »

D'après Edgar, éminent linguiste natif de Vaitahu, il n'y avait pas de mot dans la langue marquisienne pour dire merci: le partage, la distribution des biens, étant le lien même des gens entre eux, celui qui déroge à la règle s'exclut ... Le mot « koù taù », qui exprime la satisfaction, a été proposé il y a une vingtaine d'années...et ne fait pas encore l'unanimité d'une ile à l'autre.

 

135 TAHUATA 2014

Ces précisions sémantiques mises à part, la générosité marquisienne, qu'elle vienne du coeur ou d'un fait culturel, touche profondément ceux qui viennent aux Marquises...Elle est unique, elle ne s'oublie pas...

 

119 TAHUATA 2014

 A Vaitahu nous retrouvons la grande famille Timau, si chaleureuse…

 

124 TAHUATA 2014

 

  ainsi qu’ Armand, les sculpteurs d’Hapatoni, et les méduses qui avaient failli être fatales à Féli .

 

On ressort la photo de Papaou et Mamaou qui nous avaient inspirés au moment de choisir comment se faire appeler par nos petits enfants.

 2003 Papaou-Mamaou

 

  Papaou n’est plus là, Louis nous raconte qu’il est mort sur l’ile, mais qu’avant de partir il a voulu faire la traversée jusqu’à Hiva Hoa pour revoir ses deux filles qui vivent à Atuona. Il est mort sur le trajet du retour, ses fils l’ont porté jusqu’à la maison .

 123 TAHUATA 2014

 

  Mamaou est plus que jamais présente sur sa terrasse ombragée.

 

125 TAHUATA 2014    132 TAHUATA 2014   

C’est elle qui pilote tout, enfants, petits enfants, voisins, visiteurs…Toute émue de nous revoir elle envoie vite sa fille Imelda ressortir les photos des années passées que je lui avais offertes et qu’elle conserve dans une malle en fer recouverte d’un tissus paréo; certaines sont accrochées au mur, on y voit Papaou cassant le coprah, ce qu’il a fait toute sa vie pour nourrir sa famille. Comme beaucoup il est parti quelques mois travailler pour le CEP, Centre d’expérimentation de Polynésie, à Mururoa ; en son absence Louis l’ainé alors âgé d’une dizaine d’années assurait  la pêche et le coprah. Mamaou avait quinze ans lorsqu’elle a épousé Papaou, ses fils eux mêmes disent qu’elle était très belle, ils ont eu dix enfants dont sept vivent à Vaitahu autour d’elle, deux à Atuona, l’ile voisine et un à Tahiti.

Mamaou me fait asseoir à côté d’elle et sort de son sac qui ne la quitte pas un flacon de monoï. Elle me le fourre dans les mains en me gratifiant d’un merveilleux sourire accompagné d’un «  hèèè..hèèè…  » qui exprime son contentement. Mamaou ne parle que marquisien, elle comprend très bien le français mais nos conversations passent par les yeux et les mains. Elle me caresse le bras avec un sourire malicieux, sa fille m’explique que le monoï kumuhei qu’elle m’a offert est un monoi particulièrement fin, qu’elle fait en pressant la pulpe de coco germé et qu’elle parfume avec un mélange d’herbes dites aphrodisiaques. Me voilà donc initiée et bien pourvue ! Rémi reçoit une couronne de copeaux de santal, ça fait éternuer mais c’est pour la bonne cause. Pas vraiment puisque le santal presque disparu des iles dont il a fait la renommée est protégé maintenant, interdit à la coupe sauf en bois mort. Mamaou a ses adresses dans quelque coin reculé de Tahuata!

 

J’ai du mal à photographer le sourire de Mamaou, elle le cache coquettement devant l’objectif car il n’y a plus qu’une dent.

 

 126 TAHUATA 2014

   

Quand sa fille lui explique que nos petits enfants nous appelent Papaou et Mamaou elle explose de rire avec un «  hèèè..Mamaou farany…Papaou farany…hèèè…  , ça lui plait beaucoup ! farany signifie « français de métropole», pour les marquisiens, à Tahiti on dit "popa" . Un peu plus tard je m’entendrai appeler «  Mamaou haoé », haoé étant l’étranger  blanc…

 

Chez Marguerite c’est Jimmy qui a repris courageusement la tête de la famille après la mort prématurée de son père.Il nous invite gentiment à déjeuner

 

149 TAHUATA 2014

 

154 TAHUATA 2014

 

Marguerite devant être évasanée Jimmy vend des plats préparés pour recueillir des fonds qui lui permettront de mieux vivre ce séjour en France qui l’angoisse beaucoup.

 

J’ai remis un CD de photos des années précédentes. A l’ombre du grand tou ( prononcer «  to-ou ») dont le bois est souvent utilisé par les sculpteurs, Hina a installé un poste de télé : le soir il passe des films. Là ce sont  mes photos qui défilent en boucle, les passants s’arrêtent, nomment untel, untel , tel endroit…comme dans les temps anciens lorsque les récitants égrenaient la généalogie, mémoire vivante qui devient racine…Il n’y a que pour les parties de bingo , où Mamaou ne manque jamais de participer, que la télé est éteinte : il faut se concentrer…

Ces scènes me rappelent une fois où j’étais à Paris, dans un hotel pour les évasanés , c’est à dire ceux qui ont été envoyés en France pour soins médicaux ..Un soir, comme l’ambiance était triste parmi tous les malades et leurs accompagnants j’ai mis sur mon ordinateur un diaporama de photos des iles. Petit à petit les pensionnaires lâchaient la télé ou leur partie de cartes, ils venaient regarder les photos ; le joueur d’ukulélé aussi, tout en continuant à jouer ; les autres s’exclamaient «  hè, c’est ma cousine !..hè là c’est chez moi.. et ça, c’est où ? … »  « Le lendemain matin au petit déjeuner chacun venait me voir : «  Merci pour les photos  hier soir…c’est comme si on était au fenua.. »

 

 

  Sous l’eau aux  Marquises c’est un peu comme à terre, un monde riche et généreux qui ne se dévoile pas si souvent. On apprécie encore plus quand cela arrive...

215 SOULO MARQUISES

 

  

 

 

21 juin 2014 6 21 /06 /juin /2014 23:18

 

.........ALBUM PHOTOS.......

 

Nous avons laissé Kauana à la Marina Taina de Tahiti pour un mois.

 

Grand dépaysement en arrivant à Tahiti : il  y a des centaines de bateaux, américains, australiens, européens, tant au mouillage qu'en marina, quelques  gros yachts et de beaux rêves sur l'eau.

 

002 MARINA TAINA

 

La législation autorisant dorénavant les bateaux à rester 3 ans en Polynésie sans payer la taxe de "papétisation" il y a engorgement sur le lagon ! et sur les réseaux internet … Se déplacer à terre est tout aussi énervant : il nous faudra quelques jours pour retrouver un peu d'humour et nos astuces de terriens, et circuler allègrement dans les embouteillages qui règlent la vie à Papeete. Bonheur des retrouvailles avec les amis à terre, à la marina, sur l'eau…

 

C'est le Heiva des écoles à To'ata, nous retrouvons l'école de danse de Véro  toujours aussi créative, avec la gaieté et l'énergie de cette manifestation. La nouveauté  cette année c'est l'intégration des garçons...

 

003 HEIVA HEIRAGI 2014

 

009 HEIVA HEIRAGI 2014

 

016 HEIVA HEIRAGI 2014

 

025 HEIVA ECOLES 2014

 

023 HEIVA ECOLES 2014

 

032 HEIVA ECOLES 2014

 

  Pressée par le temps  je posterai les photos des deux derniers mois un peu plus tard….

18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 23:43

CARTE-TRAVERSEE

 

.....Galerie photos.....


Après une traversée on reste comme un musicien à la fin d’un concert, encore dans la musique avant de revenir à  la réalité. Au moment de fermer le clavier je poste ce journal pour entendre encore la mélodie du large .. J’ajoute des images aux quelques messages envoyés en cours de route. Nous sommes maintenant à Taiohae, la grande « ville » des Marquises, sur l’ile Nuku Hiva.

 

 

16 Mars 2014 02:38:39 GMT

C'est parti!

 

01 SAN GABRIEL

 

Un dernier mouillage à San Gabriel sur Isla Spiritu Santo, histoire de se rincer des dernières poussières mexicaines ...et bernicles de la baie de LaPaz.

C’est la période de nidification des frégates.

 

02 SAN GABRIEL

 

07 FREGATES

 

 Ce matin le vent du Nord tant attendu  nous cueillait dans la passe alors que baleine et baleineau nous saluaient avec des sauts et des splash jusqu'à perte de vue. Adios amigos!

 11 BALEINE

 

 

 Nous nous arrêtons dans une baie sur la côte; Baia de los Muertos, la baie des Morts, renommée, peut-être  sur conseil d'américains, " Bahia de los Sueños", la baie des Rêves.

Nous faisons route vers l'archipel Revilagigedo , à 300 miles au large de Cabo San Lucas. Bon vent de Nord Est entre 30 et 40 noeuds, ça pulse !


15 MER DE CORTEZ

14 MER DE CORTEZ

 

Nous avons démarré la culture de soja pour notre salade quotidienne. Rémi remonte thon sur thon, bonites ou thons jaunes. Au menu à midi : thon en sashimi, le katsuo japonais. .. Nous avons failli avoir du pélican car à défaut de sardines les oiseaux se jettent avec frénésie sur nos leurres et un pélican a fini par s'y accrocher.

 

17 THON


 

Notre position : 23° 59  Nord et 109°49  Ouest

 

 

24 Mars 2014 12:06:57 GMT

 

18 SAN BENEDICTO

  Arrivés sur l'ile San Benedicto en 48 heures, plus vite qu'espéré, nous y faisons escale quelques jours, dans un décor minéral à souhait , au beau milieu des baleines qui occupent la baie Sud.

 

20 SAN BENEDICTO

 

23 SAN BENEDICTO

 

 L'ile est un volcan dont la dernière éruption remonte à une cinquantaine d'années, autour de nous ce n'est que falaises de cendres et coulées de lave noire. Même si on en avait le droit on ne pourrait pas débarquer à terre tant la houle bat des roches acérées, véritable ceinture de chasteté qui empêche tout débarquement.

 

22 SAN BENEDICTO

 

42 SAN BENEDICTO

 

38 SAN BENEDICTO

 

De là nous allons sur l'ile Socorro où se trouve la base militaire. Sur la route belle pêche d'un thon jaune pesé pour 11 kilos! Alors que Rémi remontait sa ligne car trop de fous et frégates s'y intéressaient , nous avons vu à quelques mètres du bateau le poisson remonter des profondeurs bleues comme une fusée et se jeter sur le leurre.

 

53 ISLA SOCORRO

 

L'ile Socorro est plus grande que San Benedicto, c'est également un volcan en activité aux pentes plus douces couvertes d'herbe rase parfois d'arbustes. Mouillés dans la baie sous le phare, le matin nous sommes appelés à la VHF par les militaires  pour "una inspeccion de rutina" . Plutôt sympathiques et désireux de bavarder,  ils  sont formels : pas question de débarquer à terre. Pas question non plus de pêcher, nous sommes dans une réserve naturelle nous explique le commandant, mais au moment où il nous dit cela un bateau de la marine équipé d'une dizaine de nageurs de combat avec cannes à pêche et fusils sous marins passe devant .."Ils vont inspecter les bouées ! "Deux cent militaires sont en permanence sur l'ile, il y a une piste d'aviation, il y a quelques années les familles vivaient sur place, ce qui n'est plus le cas.

 

56 ISLA SOCORRO

  Deux autres voiliers sont comme nous en route vers la Polynésie, un suisse Chamade qui marche dans nos traces depuis l'Alaska et un hollandais Luna Azul connu à La Paz. Pour chacun la question est la même. Où est le vent ? où est le pot au noir ? La route vers les Marquises s’impose, plutôt que les Gambiers  prévus initialement, car il nous faut faire de l'ouest au moins jusqu'à 130°Ouest et 5° Nord pour garder du vent et traverser le pot au noir là où il n'est pas trop étendu. Les météorologues évitent de s’avancer sur le sujet mais nous craignons d’être dans une année El Niño, avec très peu de vent.

 

 

24 Mars 2014 12:06:57 GMT

Ce soir nous avons une petite brise Nord, on voit la croix du Sud.

Position: 17° 47 Nord et 112°04 Ouest

 

 

25 Mars 2014 15:11:58 GMT

Sous spi depuis 24 heures avec toute petite brise, nous faisons route au 230 en moyenne, les conditions de mer sont  faciles.

Sur les fichiers météo le "pot au noir" s’annonce moins facile ...mais chaque chose en son temps....

Position à 15hTU : 15 °54 Nord et 114° 04 Ouest.

 

26 Mars 2014 11:24:40 GMT

On avance gentiment, sous spi, il y a longtemps que nous n'avons pas goûté à ces traversées tranquilles au portant...

La brise, passée à l’Est  depuis hier, est faible; si faible que parfois elle tombe, ensuite elle se relève, une poussée d'énergie sortie on ne sait d'où , le bateau  décolle à 8/9 nœuds, puis elle tombe à nouveau, laissant les voiles battre le vide…

Position : à 12h00 TU 14°36 Nord et  116°4  Ouest

 

27 Mars 2014 12:32:27 GMT

  57 TRAVERSEE

 

Enfin notre amie la brise se souvient qu'ici elle s'appelle "alizé":  le spi se gonfle sérieusement et le roulis se transforme en une joyeuse cavalcade sur les flots.  Pour un peu on continuerait à faire de l'ouest rien que pour le plaisir! Mais Les Marquises c'est  à gauche, il va bien falloir  mettre un peu de sud dans notre étrave comme disent les marins ! Il nous faut traverser le pot au noir, l'ITCZ en terme plus technique : zone de convergence intertropicale où vents et courants des deux hémisphères se jouent des tours ; cette zone est toujours perturbée. Elle se déplace, et se situe plus largement au Nord de l’équateur qu’au Sud. Nos souvenirs de ces passages en Atlantique comme en Pacifique, sont : grains, orages, pas de vent ou vent dans tous les sens. Ici, ou cette année, ou les deux, l'ITCZ est très large, environ 400 miles.


2 Mars 2014 

Aperçu les lumières d’un bateau de pêche sur tribord.

Position


28 Mars 2014 15:32:48 GMT

Les fichiers météo laissent apercevoir une brèche dans le mur des perturbations, dans 48 heures. On range le spi, on empanne pour reprendre un cap au 225 et aborder l'ITCZ en latitude 9°/10° Nord et longitude 120°/125° Ouest.

Nous traçons une route directe vers les Marquises Nord, traversant l’ITCZ en diagonale et l’équateur à la longitude 130 °Ouest.

Bon vent jusqu'à maintenant ...On a beaucoup roulé cette nuit ...beaucoup de nuages, quelques gouttes d'eau.

Position à 15h30 TU 10° 58 Nord  et 120° 38 Ouest

 

70 TRAVERSEE

 

29 Mars 2014 09:39:48 GMT

L'alizé s'est renforcé, 15/20 noeuds, la mer est plus formée.

On bouquine, on cuisine. A voir tous ces moutons sur l'eau on rêve de côtelettes aux herbes de Provence, mais pour l'instant le menu c'est du thon, tous les jours.

 Ce soir nous filons à 9 noeuds,  avec 20/25 noeuds de vent Nord Est.

Les Marquises sont à 1500 miles, 2500 kms, le Mexique presqu'autant. Au dessus du mât le ciel est étoilé, à gauche à droite, et derrière, c'est tout noir. Nous sommes bien dans le pot au noir.

En prévision des grains à venir nous avons pris un ris dans la grand voile et quelques tours de rouleau dans le génois. Kauana est confortable.


68 TRAVERSEE 

Pour montrer aux enfants ce qu'on ramasse sur le pont le matin. Petits calamars et tout petits poissons volants. Attirés par la lumière du bateau ils sautent sur le pont avec une vague et ne peuvent plus en repartir. Si on les entend battre des ailes on peut les sauver, on les remet à l'eau et ils vont raconter aux copains ce qu'ils ont vu à bord de Kauana.

Position: 7°30 Nord 123°35 Ouest

 

 

 30 Mars 2014 12:59:37 GMT

ça remue mais ça continue à avancer, plus de grains cette nuit et même quelques éclairs....route moyenne 210 ....nous voudrions bien faire 225 mais le vent refuse, sur ce bord  en tous cas...

Position à 13 h TU : 6°31  Nord et 124° 23 Ouest 

 

31 Mars 2014 14:42:25 GMT

Premières et nous espérons bien dernières heures de moteur cette nuit dans la pétole totale et sous la pluie ...puis une mini brise est revenue s'installer au 100 /110 ....on croise les doigts : route au 220/230. Tout va bien à bord

Position à 14: 30 TU :4 °53 Nord 126° 20 Ouest

 

1 Avril 2014 15:35:22 GMT

Ici c'est la calmasse qui continue, pluie, très peu de vent qui change tout le temps, disparait revient repart...Même avec l'aide du moteur on avance très peu ...deux noeuds de courant contre. Hier, calme plat, on reculait carrément :  cap plein sud, le GPS affichait qu'on marchait plein Nord! Troublant...

« Doldrums », ou «  pot au noir «  en français ; la traduction exacte de « to be in the doldrums » c’est «  avoir le cafard ». A bord de Kauana ce n’est pas exactement comme ça ;  quand le vent tombe  la tension monte ! on a mal avec le bateau qui roule et cogne, on s’énerve... Dans ces cas là,  comme dit  la baleine, je me cache à l’eau ! si je peux …Ce matin à l’arrière dans la jupe je pensais trouver la paix en me mettant à l’eau,  quand une brise traitresse  a soudain gonflé les voiles, le bateau s’est mis en route. Je suis restée à contempler le sillage, tout est si simple dans un sillage. Et le ciel. Un poète a dit que «  le ciel c’est le pain quotidien de nos yeux »

 

 

2 Avril 2014 16:36:18 GMT

 

Nous avons l'impression de sortir un peu des "doldrums"; nuit tranquille sous voiles plein vent arrière avec une toute petite brise et nous avons réussi à faire 45 milles !

 58 TRAVERSEE

 

Position à 16h 30 TU : 2°15 Nord et 128°28 Ouest

 

3 Avril 2014 17:48:09 GMT

Fin du pot-au-noir ?

Grain par grain nous avons avalé le pot-au-noir, ça y est, le vent est revenu, nous avançons au galop vers l'équateur. Derrière nous les calmes plats, les voiles en pendouille, la mer en désordre qui secoue la mâture et chahute notre sweet home, la chaleur étouffante de l'orage qui menace, les pluies bienfaisantes...nous avons retrouvé un vent stable de Sud Est , 10/11 noeuds, un ciel bleu, le courant contraire s'estompe, nous devrions franchir l'équateur ce soir et garder ces conditions jusqu'aux Marquises.!

 

Hier encore dans un moment de zéro vent je pouvais me baigner et nager autour du bateau...sous le regard noir de Rémi qui ne partage pas mes affinités avec l'élément aquatique. Il me faudra attendre les Marquises qui sont encore à 800 miles pour recommencer, nous avançons trop vite.

 64 TRAVERSEE

  

La ligne d'équateur est à 50 miles; j'avais imaginé , on rêve beaucoup dans les grands calmes, la franchir à la nage, moi nageant sur un infini tout bleu et Rémi m'attendant de l'autre côté « comme à son premier rendez vous un jeune homme.qui lui ressemble »....Mais non, ça ne sera pas comme ça , réjouissons-nous de cette brise qui nous transporte, le jeune homme affûte ses voiles et prépare ses lignes à lui...celles qui dans cet épisode ne nous ont même pas amené un poisson d'avril!

Position à 17H30 TU : 030°70 Nord et 129° 45 Ouest

 

 

4 Avril 2014 21:40:25 GMT

Aperçu un troupeau de globicéphales, pseudorques et grands dauphins, tout mélangés plusieurs centaines d’animaux sur des kilomètres. Seuls quelques individus se sont approchés du bateau. 

 

67 TRAVERSEE

 

On a vu peu d’oiseaux jusqu’à présent, une fois une paille-en-queue, plus souvent des pétrels et  puffins qui virevoltent gracieusement au ras des vagues.

 

69 TRAVERSEE

 

Dans notre chevauchée par dessus la ligne d’équateur un p'ti marlin s'est pris à nos hameçons. Très beau à voir, et très bon à manger !

Position 21h30 TU : 1°25 Sud et 131°34 Ouest

 

5 Avril 2014 09:01:27 GMT

En mer tout est éphémère...Le vent acquis , le vent promis, tout est parti. Ce soir nous flottons sur un ventre mou, les étoiles s'y reflètent. Pas un souffle d'air, sans appui la girouette devient folle...On nous avait parlé d'un deuxième pot au noir, au sud de l'équateur. Serait-ce cela?

Le courant est revenu, un noeud, toujours contraire. Au diable le purisme, on plie les voiles et on met le moteur.

Il fait 32° à bord, nos salades poussent c'est une merveille!

Chacun dans son bouquin, ça roule comme dans un tonneau. On attend le vent,  il y a pire!

 

Position :2° 10 Sud et 132 19 W

 

5 Avril 2014 18:11:31 GMT

Le temps que mon message parte, le vent est revenu, un système de grains s’installe . Le vent monte , rarement au-dessus de 25 noeuds, le speedo grimpe à 11/12 noeuds, Kauana adore !

 puis la pluie tombe drue pendant une heure , une demie-heure, 

 71 TRAVERSEE

  

Le vent mollit jusqu'à plus rien, revient 12/15 noeuds Sud Est, c'est reparti ...jusqu'au prochain grain. Au moins nous arriverons aux Marquises propres et bien douchés, un peu fatigués quand même car ce régime de grains amène une mer plus dure et plus de manoeuvres qu'un alizé établi.

Position à18H TU : 02° 44 Sud et 132°50 Ouest

 

63 TRAVERSEE

 

 6 Avril 2014 01:37:43 GMT

En ce moment  15 nœuds, on file route directe grand largue sous gennaker mais on continue à veiller au grain …

 61 TRAVERSEE

 

....on passera sous génois pour la nuit par sécurité.

Bonne nouvelle : le courant est favorable !  

Les premières kavekas , sternes marquisiennes , tournent en reconnaissance autour du bateau, on approche de la terre.

Position à 01h 30 TU : 3 °22 Sud et 133° 26 Ouest .

 

8 Avril 2014 19:52:07 GMT

 

73 ARRIVEE NUKU HIVA

 

Terre en vue ..Sous un plafond bien noir la haute silhouette de Nuku Hiva se dresse, les rochers au sommet de la pointe Teahetoui, Adam et Eve apparaissent, puis les pics d'Hatiheu. Tout cela est encore  bien diffus dans la boucaille. La côte est à 7 miles, la visibilité est mauvaise.

 

Le ciel se déchire, on voit du bleu, la lumière passe sur les roches noires, le vert des cocotiers descend jusqu'à l'eau, les Marquises dans toute leur beauté.

Le moulinet sonne...un thon !

Nous continuons sous petite voilure pour une approche pleine de respect. Le décor est majestueux.

 74 ARRIVEE NUKU HIVA

 

77 ARRIVEE NUKU HIVA

  

Tout heureux d'être là. La dernière fois  c'était en Juillet 2009.

 76 ARRIVEE NUKU HIVA

 

 

Un grain nous rattrape, c'est sous une pluie tiède que nous jetons l'ancre dans la baie d'Anaho. Il est 19h TU , 9h ½ du matin heure locale.

 

Quatre, cinq voiliers au mouillage...

A peine ancrés une annexe vient nous voir, nous sommes trop près de la zone de corail protégé, il faut  bouger.


Une fumée s’élève au-dessus de la cocoteraie, on ratisse et on brûle à longueur d’année  aux Marquises.

Henua Enana, Terre des Hommes.

 79 BAIE D ANAHO

 

81 BAIE D ANAHO