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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 07:05

GALERIE PHOTOS........

POSITION...........

A peine arrivés à Nouméa nous en repartons déjà, c'est que nous souhaitons arriver en Nouvelle Zélande avant la mi-Novembre...Et pourtant quelle belle escale! On s'en souviendra les amis!

Partis de Lifou avant le lever du jour nous approchons la côte de Grande Terre en début d’après-midi. Belle traversée avec vent d’Est, 12/15 nœuds.

NOUMEA express

Baie de Kouakoué, sur la côte Est,  terre rouge et pentes déboisées. La ville de Nouméa a été construite avec les arbres de ces forêts disparues.

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Joli mouillage de Port Boisé, après la passe Havannah au Sud de Grande Terre

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Horrible mouillage de Ngo, après la baie de Prony; on prend conscience de ce que veut dire «les mines de nickel»…

NOUMEA express
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Nouméa, des iles, la ville, des centaines de bateaux au mouillage et en marina, nous nous mettons au ponton visiteurs de Port Moselle.

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Belles retrouvailles avec des copains navigateurs de Patagonie, Tahiti, Marquises. Les uns sont ici  depuis 30 ans, les autres depuis 10 ans, 5 ans, 6 mois… Diner chaleureux au BDM, le Bout du Monde.On se retrouve dans un univers de marins. Ils nous ont réservé un accueil magnifique. Invités, promenés, fêtés…quelle belle escale!

Joël nous fait faire un tour de la ville , 

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  Dominique réunit quelques amis pour un déjeuner, huitres de Nouvelle Zélande et   fraises de Nouméa au menu...

Marc et Corine qui ont plus de boulot qu’ils ne l’imaginaient en venant ici, nous prêtent une voiture, nous allons au très beau centre culturel Tjibaou.

Conçu par l’architecte Renzo Piano (  architecte du Centre Pompidou) , ce centre porte le nom de Tjibaou, le leader indépendantiste assassiné à Ouvéa. Il se veut expression de la culture kanak et  cœur de son développement. C’est très beau, dans un décor boisé à la lisière de la ville…

NOUMEA express
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Médiathèque, expositions, jardin botanique...

Oeuvres contemporaines

NOUMEA express
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A côté du bureau des douanes où  nous faisons nos papiers de sortie vers la Nouvelle Zélande on visite le musée maritime. Essentiellement consacré aux nombreuses épaves qui peuplent les fonds marins  de cette partie du monde. La veille chez Joël nous avions diné avec les  navigateurs découvreurs d’épaves qui nous racontaient leurs aventures à Vanikoro où prit fin l’expédition de Lapérouse., la recherche puis l’exploration des épaves de la Boussole et de l’Astrolabe. Des gens passionnés et passionnants qui ont créé l’Association Fortunes de Mer.

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Recherches de l’épave de La Monique, le caboteur qui transportait marchandises et passagers entre Nouméa et les iles Loyauté et disparut en mer en 1953 avec 126 personnes à bord.

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Une dernière soirée à bord, au revoir les amis, on reviendra et plus longuement cette fois!

NOUMEA express
27 octobre 2016 4 27 /10 /octobre /2016 13:20

GALERIE PHOTOS........

Jolie  escale au Nord de Lifou sous les falaises de Dokin puis très peu de vent pour aller à Ouvéa.

OUVEA

Quelques images de ce lagon magnifique, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

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Quand le soleil n’est pas là les couleurs dansent :

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Ouvéa est tristement célèbre pour les évènements qui ont amené la mort de 26 personnes, 20 kanaks et 6 gendarmes. Le 22 avril 1988, un groupe indépendantiste kanak tente une opération symbolique consistant à occuper la gendarmerie de Fayaoué. Les gendarmes se défendent, la situation dérape : quatre d'entre eux sont tués et une prise d'otages est improvisée dans une grotte du nord de l'île, à la tribu de Gossanah.. Après deux semaines de négociations, alors que les militants allaient se rendre, l'armée prend la grotte d'assaut et massacre 19 d'entre eux, dont certains sont exécutés après l'assaut, laissant un goût amer de violence et trahison.

Ici, au milieu de l’ile, les tombes des victimes kanak, tous des jeunes appartenant aux différentes tribus d’Ouvéa:

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Un an après la prise d’otage, lors de la cérémonie de fin du deuil, les leader Tjibaou et Yéwéne furent abattus par un extrémiste de la tribu de Gossanah reprochant à Tjibaou d’avoir signé les accords de Matignon, ces accords prévoyaient un référendum sur l’indépendance en 1998. Ce référendum a été reporté à 2018.

Le film L’Ordre et la Morale de Matthieu  Kassovitz retrace le drame d’Ouvéa beaucoup plus complexe que ce petit résumé…

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Mouillage devant Mouli:

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Nage dans la passe avec les raies manta :

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Le pont de Mouli, lieu de rassemblement des jeunes qui viennent plonger dans le courant :

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Il ne fait pas très beau, journée de tourisme en voiture:

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Antoine nous montre le travail qu’il fait avec l’ASBO : Association pour la Biodiversité d’Ouvéa : piège à rats pour lutter contre le rat noir, protection des puffins qui nichent près de la plage, des tortues qui viennent pondre, et surtout de la perruche endémique d’Ouvéa.

OUVEA
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L’association a été créée par des coutumiers soucieux de protéger cet oiseau endémique, son activité s’est étendue à la biodiversité d’Ouvéa et de l’atoll inhabité  Beautemps Beaupré. Ils viennent d’y mener avec succès une opération d’éradication du rat du Pacifique. Jusqu'à présent Ouvéa, lagon peu profond, d'accés difficile, est exempt de rat noir, l’ennemi des nids, qui a la fâcheuse habitude de débarquer sur les iles avec les marchandises et y proliférer dramatiquement. Mais cela pourrait changer avec la construction d'un nouveau dock et des passages plus fréquents de caboteurs.

Une mission d’échanges d’expériences a emmené Antoine et ses équipiers de l’ASBO à Tahiti où le monarque est menacé d’extinction et à Ua Huka aux Marquises où les marchandises sont inspectées par un chien spécialement dressé à débusquer le rat noir. Un membre de l’ASBO, Hnash, a été invité à Paris  suite à leurs travaux sur les pontes de tortues…Félix a hébergé ce jeune kanak découvrant Paris.

Jean Baptiste et Benoit, pisteurs chargés de la surveillance et du comptage des populations d’oiseaux et tortues, de la pose de pièges à rats, et de la protection en général des atolls d’Ouvéa et Beautemps Beauprè proposent leurs services de guides pour observer la faune locale. Merci à eux pour leur accueil...

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JB nous montre la grotte où il habitait étant enfant...

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Sur ce chemin sont passés les otages...

Tout autour de la case de Benoit les perruches viennent manger les papayes. L'ASBO a construit un observatoire.

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Benoit avait 25 ans lors de la prise d'otages, il gardait l'entrée de la grotte...Ici un article du Monde,  avec une interview de Benoit dix huit ans après les évènements:

http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2006/08/14/nouvelle-caledonie-les-plaies-d-ouvea_803422_3208.html

Le lagon est poissonneux.

Rémi remonte un délicieux mékua :

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Mouillage au Nord de l’atoll, deux mètres d’eau, l’ancre dans les patates de corail avec 25 nœuds de vent , mais un décor somptueux :

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Une lagune abrite oiseaux et crabes de terre :

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Mouillage dans les Pléiades Nord :

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C’est très beau, en  nageant sur le récif on voit des raies aigles, des tortues…

On y resterait des jours et des jours.

Retour sur Lifou, Baie de Santal, d’un bord de près.

Et, au revoir Lifou, au revoir les enfants, au revoir Laurent… mille mercis pour votre accueil.

Terre et gens de  partage.

27 octobre 2016 4 27 /10 /octobre /2016 12:32

GALERIE PHOTOS.............

Nous  sommes bien à Lifou, nous y restons finalement plus longtemps que prévu car  nous attendons les vacances scolaires pour emmener toute la famille en croisière à Ouvéa… Installés dans la petite marina de Wé  nous nous laissons doucement  imprégner du bien-être  général…Nous avons loué une voiture, Antoine et Solène nous font partager leur quotidien, leur maison remplie d’enfants et d’animaux, rencontrer leurs amis et découvrir leurs coins de balades ou plongée sous-marine…

Escale prolongée

Ambiance joyeuse, il suffit de traverser la route pour se trouver sur la très belle plage de Luengoni.

Escale prolongée
Escale prolongée
Escale prolongée

Pointe Lefèvre, un joli coin de balade sous-marine.

Escale prolongée
Escale prolongée
Escale prolongée

Merveille de la marina : des bandes de picots bleus travaillent à nettoyer la coque de Kauana. Elle est vite plus propre qu’à l’arrivée ! Les enfants et leurs copains les pêchent.

Escale prolongée
Escale prolongée

Aussi grande que Tahiti ou la Martinique, Lifou ne compte que 9 000 habitants , presque autant vivent à l’extérieur. On y parle le « drehu »( prononcer «  djehou ») et le français. Environ trois cent kamadras , (prononcer «  kamadja »), vivent sur l’ile, c’est à dire des « blancs », essentiellement des français, fonctionnaires de la santé ou l’éducation.

Escale prolongée
Escale prolongée
Escale prolongée

Outre la beauté des paysages et la richesse de la nature on y jouit d’une vie agréable, d’une population accueillante et d’un niveau de vie général confortable.

 

Escale prolongée
Escale prolongée

A côté d’infrastructures et de villas modernes un habitat traditionnel : la case. En paille ou en cocotier, ronde ou carrée, à une ou deux portes, la case sert de chambre à coucher pour toute la famille. Chaude en hiver, fraiche en été, on y fait du feu à l’intérieur…

Escale prolongée
Escale prolongée

Equipements scolaires et sportifs:

Escale prolongée

Centre de voile :

Escale prolongée

Salle de spectacles:

Escale prolongée

Médiathèque :

Escale prolongée

Tournoi de cricket, le jeu national introduit par les missionnaires protestants et dans lequel Lifou excelle…après le foot! N’oublions pas que Karembeu est de Lifou.

Escale prolongée

L’école de Mané gagne, un voyage à Nouméa est offert, l’avion du retour étant annulé tout le monde reste à l’hôtel, c’est la fête pour les enfants!

Fête de la science, un succès car beaucoup de parents sont venus voir ce que font leurs enfants à l’école:

Escale prolongée
Escale prolongée

Un bateau qui dessert uniquement l’ile voisine, Tiga, où vivent une centaine de personnes.

Escale prolongée

Rémi y accompagne Antoine qui va en consultation :

Escale prolongée

Antoine est vétérinaire provincial pour les iles Loyauté. C’est aussi bien un travail de praticien que de conseil technique, assistance au développement, à la protection de la faune. C’est surtout une œuvre de missionnaire. Face aux facilités de la société de consommation et aux verrous de la société coutumière il faut avoir une foi solide et beaucoup d’amour pour transmettre les messages d’avenir, biodiversité, écologie, rationalisme… d’autant plus qu’on est déjà au paradis!

Escale prolongée
Escale prolongée
Escale prolongée

Les iles Loyauté n’ont pas subi la colonisation, les Kanaks y vivent sur les terres de leurs ancêtres avec une organisation sociale forte basée sur le lien à la terre et le sens du partage. « Terre de parole, Terre de partage «  c’est la devise de la Nouvelle Calédonie adoptée en 2010.

On retrouve comme dans les autres iles du Pacifique la vie quasi communautaire, l’importance des liens sociaux, le système de dons et contredons, la proximité de la nature, les lieux « tabous … Mais en Nouvelle Calédonie ce tissus culturel a un nom, on l’appelle la « coutume » et si dans les autres iles d’Océanie nous en saisissions des bribes, ou si comme en Polynésie il n’est plus que ce petit quelque chose qui fait qu’on ne comprend pas toujours très bien comment fonctionnent nos amis, ici c’est une institution ; une institution avec ses représentants officiels, son tribunal, ses assesseurs, ses lois, plus fortes que les lois de la République, de la science ou de la religion.

Après les événements de 1988 le droit coutumier a été reconnu, il est basé sur l’appartenance à la terre kanak.

Le territoire de Nouvelle Calédonie  est découpé en trois provinces : Grande Terre Nord et Grande Terre Sud,et la Province des iles. Les provinces sont divisées en districts qui rassemblent plusieurs clans autour d’une grande chefferie. Lifou compte trois districts. Le clan c’est la famille élargie, ceux qui ont un ancêtre commun, c’est l’unité de base de la société kanak. La « tribu » est une unité créée par les missionnaires puis conservée par l’administration française, comme le « village » au Vanuatu. Un petit chef gère la tribu. Le chef coutumier est le grand chef.  Les clans ont chacun un rôle dans la chefferie. Les iles Loyauté ont le statut de "réserve coutumière"

Escale prolongée
Escale prolongée

Pour les visiteurs que nous sommes la «coutume » se traduit par une question récurrente: «  Chez qui tu es ? ». Quand on répond qu’on est sur un bateau ce n’est pas une réponse, mais quand on précise que notre fils habite à Luengoni, tout va mieux. On ne nous demande jamais ce qu’il fait, nous situer quelque part sur la terre kanak suffit.

Pourtant être les parents du vétérinaire c’est une sacrée carte de visite! Antoine connaît tout le monde. Rémi qui l’a accompagné plusieurs fois dans des consultations s’entend interpeller «Papa! » au magasin Korail.

Des routes, pas de clôture, on peut aller partout alors! Non, exceptés quelques lieux publics répertoriés, on est en propriété privée, propriété du clan. Lorsqu’on veut aller sur une plage, explorer une grotte ou nager vers un récif il faut demander l’autorisation dans la tribu riveraine. Un cadeau peut accompagner la demande, on appelle cela un geste de coutume, cela peut être un tee-shirt comme un billet de mille francs. Pour ma part j’ai du mal à offrir un billet, je préfère un cadeau plus respectueux. L’autorisation vaut protection : on n’aura pas d’ennui. On ne nous le dit pas mais comme on l’avait appris au Vanuatu des esprits malfaisants pourraient chasser les intrus, une manière légitime de  garder la maitrise de son territoire et ses ressources…

Antoine et Solène habitent à Luengoni, à une demie heure de route de Wé. Ils ont

choisi de vivre dans une tribu, une véritable immersion dans la culture drehu. Bien qu’habitant une villa assez éloignée du reste de la tribu, ils en partagent les évènements sociaux, les fêtes, et les obligations …

Quand Antoine ramène du poisson il offre le meilleur au chef. Quand Solène récoltera ses premières ignames elle en offrira également. En tant qu’élément accueilli dans la tribu on lui a accordé une parcelle de terre sur le plateau au centre de l’ile. C’est son « champ ». Le soin qu’elle porte à ce bout de terre drehu scelle son intégration dans la tribu. Quand nous sommes arrivés début Septembre c’était le moment de préparer le champ pour les ignames, cela consiste à débrousser un bout de forêt, on coupe et on brûle en laissant juste quelques troncs pour les ignames qui grimpent, on met en terre et on espère qu’il va pleuvoir...pas trop car la pluie déterre…

Escale prolongée

 L’igname est un élément aussi important dans l’alimentation que dans la vie sociale ; C’est la base des échanges et cadeaux à l’occasion des fêtes coutumières, des mariages, des deuils…Tout le monde a son champ. L’agriculture et la pêche vivrière sont les principales activités de Lifou. Le tourisme est discret. Le logement chez l'habitant s'appelle " accueil en tribu".

Une autre activité importante: le bingo. On connaissait le bingo aux Marquises, mais ici c’est une institution. Même les hommes jouent au bingo. Petit ou grand bingo on y passe des heures…

Escale prolongée

Il n’y a pas d’âge pour participer, cette mamie a 95 ans:

Escale prolongée

Outre des rencontres nouvelles à la marina avec des navigateurs qui ont posé leur sac, nous revoyons Laurent que nous avions connu aux Marquises en 2002 alors qu’il naviguait en solitaire sur un petit bateau vert. Marié à Drelan, ils vivent à Lifou. Ils viennent à  bord, nous allons chez eux, ils ont un tout petit bébé tout nouveau…Moments chaleureux.

Escale prolongée

A côté de nous à la marina un bateau de charter  est sur le départ, il est loué par des gens de Lifou pour une croisière à Anatom, Vanuatu. Une jeune femme kanak m’explique que c’est son premier voyage en voilier, elle est contente de participer mais elle aurait préféré un autre moment : elle a du préparer son champ d’ignames très vite.

Je lui dis : -«  C’est bien, maintenant elles sont plantées et on nous annonce la pluie dans deux jours

- Ah non ! me répond-elle, s’il pleut je préfère être là...

Avec elle embarquent un chef et un membre de sa tribu, ils vont retrouver la terre de leurs ancêtres.

Sur le bateau embarquent aussi des enseignants, ils sont en vacances, ils vont distribuer des livres et du matériel scolaire en surplus aux écoles francophones d’Anatom.

Pour la logistique : un skipper et une hôtesse.

En les regardant partir je me dis que tous les paradoxes de l’ile sont réunis sur ce bateau.

Ce sera un très beau voyage…

Escale prolongée

Et nous, notre Solène aura-t-elle planté ses ignames avant d’aller à Ouvéa?

Les enfants sont en vacances, Antoine est rentré de sa mission aux Marquises, le chien le chat et le cochon sont casés. Pour une dernière soirée nous allons  écouter le slameur natif de Lifou, Paul Wamo, l’idole de Gaby…et ça y est, nous partons enfin pour Ouvéa…avec une petite semaine devant nous et une météo pas terrible!

 

4 octobre 2016 2 04 /10 /octobre /2016 03:47

GALERIE PHOTOS................

Le tour de Lifou en quelques clichés. On ne se lasse pas de ces lumières et couleurs…Je raconterai une autre fois comment la vie y est encore mieux que la carte postale. Sous le charme, choyés par nos enfants, leurs amis et voisins nous y restons encore quelques jours.

La marina de Wé: les enfants viennent pêcher au ponton.

Antoine récupère tout le monde en rentrant du boulot:

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Les falaises de Jokin au Nord, le cliché le plus classique de Lifou:

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Le Cap des Pins, par beau temps:

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Le même endroit par temps d’alizés:

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Les falaises de Xodre au Sud , corail gris et bois de filaos.

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Quelques bouts où la côte est plus basse :

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Lifou est tout en falaises, entre lesquelles se nichent des petites plages éblouissantes:

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L’intérieur de l’ile est un vaste plateau vert, couvert de forêts, parcouru de multiples petits chemins. Ils mènent aux « champs ». Au milieu des bois chacun, Solène également, défriche un lopin, le cultive pendant trois ou quatre ans puis le laisse en jachère. Grâce à l’humus accumulé le sol y est plus fertile que sur la côte. En ce moment on plante les ignames, élément très important tant dans l’alimentation que dans la vie sociale…Il y en 40 variétés à Lifou…

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L’ile baigne dans la lumière ; l’eau et la lumière pénètrent jusqu’au fond de ses entrailles , dans des grottes et des trous  autrefois  royaume des poissons, il y a quelques millions d’années, du temps ou l’ile n’était pas encore émergée. Il faut connaître ces grottes, le chemin pour y aller, demander l’autorisation d’y accéder …Solène, Laurent nous y emmènent, on s’y baigne, se prend en photos dans des éclairages de studio…L’eau est d’une limpidité étonnante..et pas trop froide !

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On fait la même chose en mer!

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Petit détail: ces poissons s'appelent des carangues amoureuses...

C'est la pleine période de l'année où les baleines à bosse séjournent dans les iles, baleines joubartes, les mêmes qu'à Tahiti...

12 septembre 2016 1 12 /09 /septembre /2016 23:43

Adieux à Madeleine qui nous remet une lettre pour Laurent qui habite maintenant à Lifou. Nous partons d’Anatom en début d’après-midi avec 20 à 25 neuds de vent d’Est. Un nœud de courant favorable, Kauana va trop vite, il nous faut ralentir pour ne pas arriver trop tôt!

Arrivés à Lifou!
Arrivés à Lifou!

Antoine nous attend à la marina de Wé avec quelques copains, jamais eu un si beau comité d’accueil!

C’est émouvant d’arriver chez notre fils au bout du monde.

Arrivés à Lifou!

Nous retrouvons toute la famille dans leur maison à Lengoni… beaucoup d’émotion entre le lagon et la falaise ce soir!

 

Quels beaux enfants !

Arrivés à Lifou!

Quel beau panorama !

Arrivés à Lifou!
Arrivés à Lifou!

Véronique débloque la sourdine du piano et c’est parti pour une soirée chaleureuse avec leurs copains apiculteurs...

Arrivés à Lifou!
Arrivés à Lifou!

Encore quelques bains en eau turquoise pour notre pianiste océanique,

Arrivés à Lifou!
Arrivés à Lifou!
Arrivés à Lifou!

Un dernier coucher de soleil sur la Baie de Santal,

Arrivés à Lifou!

Je prends l’avion pour Nouméa avec Véronique ; elle rentre sur Paris, je vais faire les papiers de douane et immigration qui ne peuvent pas se faire à Lifou.

 

Nous pensons profiter du confort de la marina de Wé pour passer quelques semaines avec nos enfants avant d’aller à Nouméa…

 

Pour les amateurs de musique classique voici le dernier enregistrement  de Véronique: VERONIQUE BRIEL Lutosławski: Works for Piano Solo

12 septembre 2016 1 12 /09 /septembre /2016 23:08

GALERIE PHOTOS..............

VIDEO VOLCAN YASUR ......................

Un temps froid et pluvieux nous rappelle qu’un peu plus au Sud, en Nouvelle Zélande, c’est l’hiver. Nous restons donc une semaine entre Port Vila, sur corps mort devant la ville et le mouillage de Mele, désolés de ne pas offrir mieux à Véronique qui arrive d’une Bretagne ensoleillée.

Cette escale forcée nous permet de découvrir un lieu fascinant, le musée Utlalo, qui signifie «tapu», «interdit», le musée du Père Rodet, situé dans la mission mariste.

Retour sur nos premières escales au Vanuatu

Le père Rodet, arrivé au Vanuatu en 1961, a récolté au cours de sa vie de missionnaire dans les iles, une remarquable collection d’objets culturels: tambours, masques, costumes, ustensiles de chasse, pêche, cuisine, mais aussi des pirogues, un nakanal de Malicolo…et une grande connaissance des pratiques et croyances locales. Son but: éviter que ces objets quittent le Vanuatu au profit de musées occidentaux ou collectionneurs privés et soient à jamais perdus pour les jeunes générations ni-vanes. Après les avoir stockés pendant des années dans des containers, avec l’aide de l’évêché et d’un sponsor il  les a  organisés en un parcours didactique ouvert au public.

«D’où viens-tu? Où vis-tu? Où vas-tu? » sont les questions auxquelles la sagesse ancestrale apporte des réponses au même titre que la foi et la science. Pour aider les jeunes à trouver un sens à leur vie le Père Rodet veut par ce musée leur offrir un  accès aux objets et pratiques culturels qui les ont façonnés .

« Il n’y a pas d’homme sans culture, il n’y a pas de hiérarchie des cultures » affiche également ce sympathique père mariste passionné d ‘anthropologie, tout en insistant sur la recherche du beau qui reste une constante dans la création humaine.

Il possède une collection de pierres magiques impressionnante, simple caillou ou ouvrage sculpté, ces pierres, comme tout objet de la nature ou la vie courante, sont habitées par des esprits que seul un initié peut éveiller, dans un but plus ou moins bienfaisant. Le Mélanésien vit au contact permanent des esprits, nous explique-t-il, il les invoque aussi bien pour obtenir la pluie, que la guérison ou une bonne récolte d’ignames, mais aussi faire du mal à son ennemi…

Les esprits...Nous nous doutions bien de cette face cachée dans nos relations avec les habitants des iles. On n’y comprend rien mais il ne faut pas en rire, et savoir accepter la compagnie d’un guide, même un enfant, car les  forêts sont peuplées d’esprits et les chemins bordés de pierres magiques.

Le Père Rodet a 85 ans, il ne sait pas qui s’occupera du musée après lui, on sent une certaine tristesse avec la crainte que ce trésor soit éparpillé.

La météo s’améliore, nous profitons d’un vent un peu plus Est que Sud pour nous diriger vers le Sud. Escale à Erremango, où David nous accueille.

Retour sur nos premières escales au Vanuatu
Retour sur nos premières escales au Vanuatu

Ana envoie sa fille en pirogue pour nous remercier des cadeaux que nous lui avions offerts en remerciement de papayes et bananes qu’elle nous avait offertes, elle nous invite à un gôuter chez elle. C’est touchant de gentillesse.

 

Retour sur nos premières escales au Vanuatu
Retour sur nos premières escales au Vanuatu

Balades le long de la rivière,

Retour sur nos premières escales au Vanuatu
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Jolis fonds de corail au Nord du mouillage, avec eau claire mais peu de poisson…

Retour sur nos premières escales au Vanuatu
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Vent de Nord Est, c’est bon pour aller à Tana sur un seul bord  mais pas bon pour le mouillage de Port Résolution ; nous nous arrêtons donc sur la côte ouest, devant Lenakel. Joseph le taxi nous amène au volcan Yasur; nous traversons l’ile sur une belle route offerte par les chinois et arrivons dans la cendre au son de chants religieux, Joseph est adventiste.

Retour sur nos premières escales au Vanuatu
Retour sur nos premières escales au Vanuatu
Retour sur nos premières escales au Vanuatu
Retour sur nos premières escales au Vanuatu
Retour sur nos premières escales au Vanuatu
Retour sur nos premières escales au Vanuatu

En raison du vent on regarde le  cratère depuis le bord Est.

Retour sur nos premières escales au Vanuatu
Retour sur nos premières escales au Vanuatu
Retour sur nos premières escales au Vanuatu

J’ai essayé de faire une vidéo: cliquer VOLCAN YASUR  

  Nous voici de retour à Anatom, après quatre mois passés à sillonner le Vanuatu; c’est certainement l’escale la plus cool , tant en terme de mouillage, que de baignades, balades et contact avec les habitants.

Retour sur nos premières escales au Vanuatu
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Un paquebot passe, débarquant son lot de touristes sur Mystery Island, tel un zinzin  de moustiques qui ne trouble la quiétude du mouillage  que quelques heures.

Nous retournons au village de Georges avec qui nous avions été à la cascade lors de notre premier séjour.

Retour sur nos premières escales au Vanuatu

Sa mère, habitant à Tana, est là ; on retrouve sa femme Caroline, ses enfants, son voisin, déjà rencontrés…

Retour sur nos premières escales au Vanuatu

Georges nous emmène sur le chemin des orchidées dont il nous avait parlé; un sentier que son père a tracé dans la forêt, un vrai chemin paysager, bordé de tous les végétaux de l’ile.. Les orchidées ne sont pas encore en fleur, la végétation a envahi le sentier mais Georges ne l’a pas touché depuis la mort de son père il y a six mois. Il doit attendre un an  avant de reprendre l’œuvre paternelle.

Retour sur nos premières escales au Vanuatu
Retour sur nos premières escales au Vanuatu
Retour sur nos premières escales au Vanuatu

Il nous montre la pierre qui servait à la découpe des corps. C’est là qu’on se partageait les ennemis morts au combat, au carrefour des vallons qui mènent aux différentes tribus:

Retour sur nos premières escales au Vanuatu

Il nous explique, comme le Père Rodet à Port Vila, que tout autour du chemin il y a plein de pierres magiques, il les connaît et sait comment  communiquer avec leur esprit.

Retour sur nos premières escales au Vanuatu

 « - Et cette pierre là ? elle a une force ? » Georges ne répond pas, mais il sait comment faire pour que notre promenade soit sans embuche.

Son père était le chef de cette forêt, il en connaissait tous les secrets, mais un jour un  sort lui a été jeté. Il connaissait toutes les plantes et leurs vertus médicinales, ainsi que les pierres et leurs pouvoirs ; quelqu’un peut avoir mis dans les buissons une pierre avec un esprit mauvais qui lui a été néfaste.

Georges est aussi sculpteur:

Retour sur nos premières escales au Vanuatu

Il nous offrira une sculpture en bois de santal.

Retour sur nos premières escales au Vanuatu

Retour à Analgoat.

Retour sur nos premières escales au Vanuatu
Retour sur nos premières escales au Vanuatu
Retour sur nos premières escales au Vanuatu
Retour sur nos premières escales au Vanuatu

Marie n’est pas là mais nous faisons connaissance avec Madeleine.

Retour sur nos premières escales au Vanuatu
Retour sur nos premières escales au Vanuatu
Retour sur nos premières escales au Vanuatu

Elle nous parle d’une grande cérémonie coutumière qui va rassembler plusieurs villages à Umete, le village francophone, à deux ou trois heures de marche d’Analgoat. Nous avions prévu de partir pour Lifou, nous restons un jour de plus…Un neveu nous emmènera.

Belle balade au petit matin qui nous fait longer la côte, traverser des rivières, enjamber des collines…

Retour sur nos premières escales au Vanuatu
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Nous arrivons à Umete, tout le monde s’affaire autour d’un énorme banian. On se croirait au village d’Astérix! Environ trois cent personnes se réunissent aujourd’hui, pour célébrer le premier rasage de cinq jeunes hommes.

Retour sur nos premières escales au Vanuatu

La famille d’un des jeunes hommes a organisé une réunion telle qu’il n’y en pas eu depuis vingt ans. Depuis des mois dans les villages on plante les ignames et les taros qui seront échangés à l’occasion de cette rencontre. Beaucoup d’invités sont arrivés la veille, chargés de victuailles, ils ont aidé à préparer la place, le grand four à pierres dans lequel cuisent les viandes et les légumes sous des feuilles de bananier, les décorations en palmes et canne à sucre. Le kava a bien coulé toute la nuit et dans les buissons ça ronfle au masculin tandis que les femmes s’affairent entre les enfants, les décorations, la cuisine.

Nous nous sommes invités, nous n’avons rien amené, sauf du savon de rasage et des tee shirts Kauana pour les futurs rasés selon les conseils de Madeleine, mais nous n’avons pas participé aux préparatifs ni rien prévu pour le système d’échanges qui est à la base de ces réunions. Nous commençons donc par une visite à l’hôte principal. Il comprend notre embarras et accepte les 5000 vatus que nous proposons humblement. A partir de là il nous déclare libres d’aller et venir dans la fête, il veillera à ce qu’on nous apporte à déjeuner, et il nous confie à Nicolas, le chef de district, pour nous guider dans la cérémonie.

Nicolas nous emmène au bord de la rivière où se prépare le rasage.

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Chaque « candidat » est rasé par son oncle maternel, qui a amené tout ce qu’il faut pour couper la barbe, peinturlurer le corps et le couvrir de feuillages de «  itia », la plante de la paix. Nous sommes un peu perdus dans ce mélange de rites, rires, tablettes et appareils photos mais notre présence incongrue ne perturbe pas.

Les hommes en paréo rouge viennent de Tana , où les cérémonies coutumières  se sont mieux perpétrées qu’à Anatom. Ils semblent faire office de guides de la tradition.

Retour sur nos premières escales au Vanuatu
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Nous retournons sur la place où les jeunes gens, avant d’être rasés, avaient donné le signal d’ouverture des fours. S’ensuit une razzia à laquelle nous ne comprenons pas grand-chose.

Retour sur nos premières escales au Vanuatu
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Tout est emmené dans des paniers.

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Sur la place  l’agitation règne. Dans une apparence de grand désordre chacun connait son rôle ; les uns mettent au sol des lignes de nattes, palmes et feuilles de bananiers, les autres y déposent leurs ignames et tarots, d’autres encore amènent la viande et les légumes sortis des fours. Même les chiens savent ce qu’ils ont le droit de faire, lécher les pierres du four, mais s’ils s’aventurent sur la place ils sont pris en charge par le chasseur de chiens et son grand bâton.

Retour sur nos premières escales au Vanuatu
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Les familles invitées amènent leurs cadeaux pour les familles de rasés : nattes, paniers, canne à sucre, ignames, pièces d’étoffe, même un seau en plastique !

Retour sur nos premières escales au Vanuatu
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Puis les rasés arrivent, ils prennent place sous le banian derrière les montagnes de cadeaux, encadrés par leurs oncles maternels respectifs.

Retour sur nos premières escales au Vanuatu
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Les mamans viennent congratuler leur fils, à coup de poudre et déodorant.

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S’ensuivent des palabres des chefs, qui exhortent au respect des traditions ; cette fête exceptionnelle est pour eux une occasion de reconquérir un pouvoir qui leur échappe avec le modernisme…

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Puis les cadeaux coutumiers sont embarqués pour faire la place à un événement important de cette journée: les «  fiançailles », pour utiliser un terme occidental,  d’un des jeunes rasés avec la fille de son oncle maternel. Ils se marieront dans quatre ans.

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« Mais elle n’a que quatorze ans! et ils sont cousins!

- C’est notre coutume , répond Nicolas. Pour conserver la force des clans il faut que l’esprit reste dans la famille. Ce n’est autorisé qu’entre un garçon et la fille de son oncle maternel.

-Mais s’ils ne se plaisent pas?

- Ils peuvent refuser… mais c’est rare. Là c’est le garçon qui a demandé.."

En voilà un qui doit être heureux ce soir!

 

Retour sur nos premières escales au Vanuatu
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Ensuite la cérémonie reprend avec l’attribution des lots de nourriture par les jeunes rasés ; ils font le tour de la place en appelant par les noms de famille, chacun vient prendre son lot.

Retour sur nos premières escales au Vanuatu
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Pendant que la place se vide un défilé de toute la population s’organise devant les jeunes rasés, c’est pour nous le moment de remettre nos cadeaux.

Autour du banian les enfants se ruent sur les cannes à sucre : une friandise

Retour sur nos premières escales au Vanuatu
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Quelques femmes et adolescentes tentent des danses coutumières, on sent qu’elles n’ont pas l’habitude.

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On nous offre une assiette de repas, on a faim, on mange. Mais Nicolas n’est pas d’accord, c’est le moment d’aller boire du kava. Pour que le kava  fasse  de l’effet  on doit le boire à jeun! ça se passe au bord de la rivière.

Retour sur nos premières escales au Vanuatu
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Ici pas de pilon, ni de hachoir, les racines de kava sont broyées dans une bouche puis crachées dans une feuille de bananier avant d’être mélangées à l’eau. Des mâcheurs nous préparent une mixture plus concentrée que tout ce qu’on a bu jusque là.

Retour sur nos premières escales au Vanuatu
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Un bol me suffit, merci ! Je retourne à la danse !

Lorsque le string-band entame des danses plus joyeuses la piste se remplit, les femmes de Tana en tête.

Retour sur nos premières escales au Vanuatu
Retour sur nos premières escales au Vanuatu

Entre le kava et la danse la fête va continuer toute la nuit; mais nous devons rentrer. Il y a  trop de vent, les bateaux ne sortent pas, le retour se fera à pied. En compagnie d’Estelle et son mari nous marchons, de nuit, à la lampe torche, en tentant de ne pas perdre Rémi que quelques bols de kava en trop ont bien déboussolé ! Lui qui doutait…il va quitter le Vanuatu avec un sacré souvenir de son kava!

13 août 2016 6 13 /08 /août /2016 20:50

Nous voici de retour à Port Vila après un grand tour dans les iles au Nord de Santo. Encore sous le charme de ces escales toutes différentes et si accueillantes.

Iles volcaniques aux paysages mystérieux, iles coraliennes éblouissantes, iles connectées, iles isolées...

Je poste le récit de nos rencontres et les photos de ce que nous avons vu, avec cet étrange sentiment de n’avoir perçu que la face visible d’un monde qui nous a envoûtés tout en gardant ses secrets.

Sur cette carte: en rouge le trajet du Sud au Nord du Vanuatu, en jaune notre retour vers Port Vila. Nous nous réservons pour la prochaine fois les iles d'Ambryn et Pentecôte...

De retour à Vila

Véronique nous rejoint demain, nous passerons quelques jours encore au Vanuatu puis nous irons vers la Nouvelle Calédonie.

15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 12:48

GALERIE PHOTOS......

De Ureparapara nous partons vers les iles Torrès, les plus proches des iles Salomon, les plus isolées du reste du Vanuatu. Moins de mille personnes sur sept iles. Un archipel de corail, le plus haut sommet est à 366 mètres.

AUX ILES TORRES
AUX ILES TORRES

La terre est ingrate, l’eau manque régulièrement…

Sur l’ile Loh et Linua qui lui est accolée  se trouvent le seul aéroport de l’archipel, la seule antenne téléphonique, le centre médical…

Il y a une dizaine d’années, le monde entier s’est intéressé aux Torrès où l’on a déplacé la population de villages menacées par une surprenante montée des eaux. Pour la première fois on parlait de «  réfugiés climatiques ». On invoquait alors  seulement le réchauffement climatique, mais ultérieurement de nouvelles études scientifiques menées  par l’IRD ont montré que dans cette région du monde la montée des eaux était doublée par l’enfoncement des iles, lié aux nombreux tremblements de terre qui s’y produisent. Un grand travail est fait auprès des chefs de iles pour les inciter à faire déménager les villageois vers les parties hautes des iles.

AUX ILES TORRES

Beau mouillage sur l’ile Tegua. Falaises de corail, plages de sable blanc, eaux claires et poissonneuses je me régale en snorkeling.

AUX ILES TORRES
AUX ILES TORRES

On nous siffle depuis la plage… Ronson et Marie Rose. Ils nous proposent la richesse  des Torrès : les crabes de cocotiers. Leur chair est appréciée comme le foie gras chez nous…et tout aussi nourrissante. « Qu’est ce qu’on peut vous offrir en échange ? –Ce que vous voulez.. » On  comprend que des biscuits ou bonbons seraient bienvenus pour la fête des enfants qui a lieu bientôt, des chaussures, un soutien-gorge…

AUX ILES TORRES
AUX ILES TORRES

A partir des Banks d’ailleurs les cadeaux, préambules à nos relations avec les habitants,  sont devenus plus faciles : on vient souvent nous voir à bord avec la liste des besoins. Cadeau, échange ce n’est pas toujours clair mais au moins on sait ce qui fait plaisir : du fil de pêche et des hameçons, des cordages, des vêtements même usagés, cahiers et crayons, savons parfumés, riz, sucre, biscuits, lunettes, palmes, masques etc…mais aussi des livres, des magazines.

L’ile d’Hiw ( prononcer « Hiou »)  est un exemple du problème de montée des eaux. Une récente tempête a balayé la moitié du village de Nenye installé sur un  bras de terre entre deux baies. Une partie de la population a accepté de reconstruire plus haut dans le bush..Mais certains s’entêtent à rester au bord de l’eau. Plus d’air, moins de moustiques, de l’eau...on les comprend.

AUX ILES TORRES
AUX ILES TORRES

L’entrée dans Nenye a été sportive. Poussés par 25 nœuds d’Est et la houle qui va avec on a du mal à voir l’entrée du mouillage. Faisant confiance à Google map on s’engage près des rouleaux avant de s’enfiler dans une petite baie au fond de laquelle se trouve le village.

AUX ILES TORRES
AUX ILES TORRES
AUX ILES TORRES

Lucy vient m'aider à caréner le bateau, elle nous promène dans le village, jusqu’à la grotte où les habitants se réfugient en cas de cyclone.

AUX ILES TORRES

Au fil des conversations on mesure comme la vie est dure sur ces terres ingrates et isolées, en particulier pour les femmes. L. travaillait dans le tourisme à Port Vila et a dû revenir pour s’occuper des ses parents. Qui sont ses parents  est difficile à comprendre. Entre les parents, parents adoptifs, frères, cousins, de toute façon une hiérarchie décide pour elle. Elle a 25 ans, quel est son avenir?

AUX ILES TORRES

Les femmes sont toujours au travail : tressage, chasse au crabe, pêche sur le récif, entretien du « garden », le potager, la lessive, la cuisine, les enfants…Elles ne se plaignent pas, éclatent de rire à la moindre occasion…

AUX ILES TORRES
AUX ILES TORRES

Pour les hommes ça a l’air plus cool!

AUX ILES TORRES

Non, c’est être mauvaise langue que de dire ça car beaucoup d’hommes s’en vont travailler six mois par an à ramasser des fruits en Nouvelle Zélande…Le recrutement est organisé, les conditions d’embauche et de travail également…

Même si cela n’a rien à voir avec ce qui se passe actuellement on ne peut s’empêcher de penser au blackbirding qui a sévi dans ces iles au XIX° siècle. Cette activité de « merle noir » consistait à kidnapper les autochtones après les avoir attirés sur des bateaux qui les emmenaient pour du travail forcé dans le Queensland en Australie puis dans les mines de nickel de Nouvelle Caledonie. On estime à plus de 60 000 le nombre de personnes emmenées hors du Vanuatu, mais aussi des iles Loyauté, de Papaousie Nouvelle Guinée, Salomons, Kiribati... L’esclavage avait été aboli mais les blackbirders faisaient signer des contrats de travail dérisoires aux indigènes qui étaient totalement exploités. Conrad évoque cette pratique dans «  La croisière du Snark », et une attaque du bateau blackbirder par les autochtones.

En 1872 le Royaume Uni promulgue le blackbirding act condamnant cette activité, ce n’est qu’en 1903 que l’Australie l’interdira…Pas de téléphone ici, pas d’électricité, peu d’eau. pas de kava non plus, ça ne pousse pas sur l’ile. Visite de l’école. Ëtre prof ici est un sacerdoce, nous explique le maître. Les parents ne forcent pas les  enfants à venir à l’école…

Enfants espiègles qui nous suivent partout. « Lollies, lollies , sucettes, sucettes »  c’est ce qu’on dit aux white men. C’est le souvenir que leur laisse le passage des rares visiteurs occidentaux.

AUX ILES TORRES

Ceux-là jouent avec des toupies en noix de mapé:

AUX ILES TORRES

Celle-là avec une mâchette,

AUX ILES TORRES

Dés le plus jeune âge les enfants ont une machette ou un couteau. On voit cela depuis le Sud du Vanuatu. : la machette..On en a toujours une, c'est une troisième main. Les arbres en portent les stigmates..

 

Ici aussi il  y plein de perruches, dés la fin de l’après midi elles font un vacarne étourdissant. Difficiles à photographier : chassées elles ne restent que dans les arbres très hauts. Quand on pense que pas loin, aux iles Loyauté, on dépense beaucoup d'énergie et argent pour sauvegarder la perruche d'Ouvéa..ici on les mange. Quel drôle de monde!

AUX ILES TORRES
AUX ILES TORRES
5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 22:45

GALERIE PHOTOS GAUA

GALERIE PHOTOS UREPARAPARA............

Brise de Sud Est, un thon, on retrouve des eaux poissonneuses… Paysage grandiose, sommets perdus dans les nuages, à moins que ce ne soit les vapeurs du volcan, la pluie qui descend en rideau dans les vallées, nous arrivons à Gaua, la plus Sud des iles Banks.

AUX ILES BANKS

Lacona bay, une grande baie bordée de sable noir, l’eau est d’une limpidité étonnante, on entend le chant des oiseaux dans les grands tamanu, les pêcheurs qui s’interpellent sur des toutes petites pirogues…Quelle grandeur, et quel  repos! Notre mésaventure est déjà loin…

AUX ILES BANKS
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«  Ici tout berce, et rassure, et caresse.

Plus d’ombre dans le cœur! plus de soucis amers!

Une ineffable paix monte et descend sans cesse,

Du plus profond de l’âme au bleu profond de mers. » ( V.Hugo. Promenades dans les Rochers)

AUX ILES BANKS

Avant même que nous ayons mis le pied à terre deux jeunes filles en pirogue approchent du bateau : « You have fish? » Elles repartent avec le thon, sans un mot de plus, elles semblent ne pas en connaître d’autre… Elles sont attendues sur la plage,  nous aussi. Accueil chaleureux de Johnstar et sa femme Suzan.

 

AUX ILES BANKS
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Johnstar est le chef coutumier de toute l'ile de Gaua, une ile connue pour ses histoires de magie noire.

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Le système de chefs est  fondamental dans la culture ni-vanuatu. Dans chaque village il y a un chef coutumier entouré de petits chefs élus par le conseil des anciens, ce sont des managers chargés de l’organisation de la vie communautaire.

Le chef coutumier hérite le titre et les connaissances de son père mais il doit être coopté par ses pairs, puis franchir  des étapes qui correspondent à  des pouvoirs supplémentaires jusqu’aux pouvoirs supranaturels. Chaque passage de grade suppose l’offrande de nombreux cochons, qui sont tués selon un rituel précis. Johnstar est au grade maximum, il a des pouvoirs qui dépasse les frontières de l’ile. « Il peut prédire des évènements, guérir à distance, te faire mourir après une coupe de kava ou faire sortir un grand plat à laplap d’un arbre » nous confiera Ben  un peu plus tard…

Johnstar ne quitte jamais son arc et ses flèches: « C’est mon frère, dit-il, il est toujours avec moi »

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Il revient d’une réunion des chefs coutumiers à Port Vila, « Tu as pris l’avion avec  ton arc? - Bien sûr! » Il explique que maintenant les responsabilités de chef demandent des compétences telles qu’ils, les 35 grands chefs réunis, envisagent de recruter sur diplômes. Avis aux bacs+ 5 ! c’est le minimum requis!

 Johnstar invite Rémi dans le nakamal; maison communautaire réservée aux hommes qui s’y réunissent pour boire le kava et discuter des affaires du village, ici le nakamal est aussi la chambre à coucher du chef. Les trois sculptures, réalisées dans des troncs de fougère arborescente, représentent le chef entouré de ses deux femmes. 

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J’ai le droit de m’approcher pour faire des photos.« Mais il faudra faire un cadeau » précise Suzan qui a sa petite maison à côté. Justement son mari a dit à Rémi: « J’aime bien ton tee-shirt! »

AUX ILES BANKS
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Sable noir, terre rouge, chemins sous les grands arbres, on imagine les iles Marquises il y a cent ans…

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Il y a des enfants partout; ils nous montrent leurs jeux, les sources d’eau douce sur la plage,

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ils nous accompagnent dans nos balades vers les autres villages,

 

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Sous des arbres géants qui laissent passer une douce lumière nous assistons à un spectacle magique : les enfants plongent dans la rivière et nous offrent un concert de bruits d’eau, très rythmés, des percussions obtenues en frappant l’eau plus ou moins fort, plus ou moins profond, avec les mains plus ou moins ouvertes, plus ou moins obliques…Ces rythmes joyeux montent dans la forêt, rebondissent sur les roches polies. Un autre groupe recommence un peu plus loin, et encore un autre, c’est rafraichissant! La water-music, une spécialité de l’ile de Gaua.

 

AUX ILES BANKS
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Ces deux–là nous montrent leurs talents jusque devant le bateau!

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Depuis quelques années les quatre villages autour de la baie de Lacona organisent un festival en Aout, essentiellement pour les voiliers. Ils espèrent avoir une dizaine de visiteurs cette année…

Pêche d’aturés qu'on enfile sur une branche de purao:

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La principale production de l’ile est le kava.

Cette botte de racines sera envoyée à Port Vila, elle a mis quatre ans pour atteindre cette taille, elle vaut 10 000 vatus, 85 euros.

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Nous partons vers Losalava, au Nord de l’ile. Une dizaine de personnes viennent avec nous, elles se rendent à un rassemblement religieux. A pied il leur faudrait deux jours, en bateau c’est quelques heures…Sur la plage à l’aube Chief Johnstar aide à l’embarquement de ses villageois, son arc est planté dans le sable.

AUX ILES BANKS
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La veille au soir il nous a aussi confié un tambour . «Vous le balancez à l’eau en arrivant, quelqu’un viendra le récupérer… »

 

AUX ILES BANKS

Ce n’est pas un beau tambour sculpté comme on en voit dans les musées européens, mais il résonne des précieux messages de Chief Johnstar.

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Mission accomplie:

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Courte escale à Sola, capitale des Banks, sur l’ile Vanua Lava.

 

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Une grande rue, des écoles et administrations, un réseau électrique offert par l’Australie mais pas encore branché, des petites boutiques traditionnelles. On est à la veille du match France Portugal, l’ambiance est clairement pro-français.

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Comme nous avions offert un wahoo pêché en arrivant, Woony tient à nous inviter le soir à boire le kava. Plein de baraques où on s’affaire joyeusement autour des préparatifs.

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Belle navigation jusqu’à Ureparapara..un peu perturbée par une blessure: en voulant assommer un wahoo, un autre,  qui se débattait dans le cockpit Rémi s’est sectionné le doigt sur la mâchoire du poisson. Une belle entaille qui immobilisera sa main pendant deux semaines.

AUX ILES BANKS

Ureparapara, une île volcan, magnifique...

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Nous entrons dans le cratère, poussés par des rafales dans tous les sens, un grain dramatise la scène

AUX ILES BANKS
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 Les fonds s’affichent  à quarante, cinquante mètres Un pêcheur en canoë nous indique où mettre l’ancre, près d’une plage.

Ils sont plusieurs autour de nous, les yeux fixés sur le poisson dans la jupe. « On va l’amener au chef pour qu’il le partage, dit Rémi..- Je suis le chef, répond Tomgren en se présentant. On l’aide à mettre le poisson dans son canoë. Il reviendra même un peu plus tard nous demander si on a des palmes…

AUX ILES BANKS
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On se sera tous fait avoir ! Il n’est pas le chef et il n’a rien partagé ! Mais tout le monde viendra nous demander du poisson et des palmes! Puisque lui il en a eu… Racontant cela un peu plus tard à Melody, la femme du vrai chef, qui est absent depuis un mois, elle soupire : « Ah, il est temps que le chef revienne! »

Près de 500 personnes vivent à Urepara, réparties en trois villages.

L’ile est un cône de 15 kms de diamètre. Point culminant 764 mètres. En grimpant au sommet on a une belle vue sur la baie.

AUX ILES BANKS
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Sur les pentes du volcan, les gens construisent leurs maisons, plantent leurs jardins, abattent les arbres pour faire leurs canoës, on est dans un nid au milieu de l’océan.

AUX ILES BANKS
AUX ILES BANKS
AUX ILES BANKS
AUX ILES BANKS

Ici on utilise autant les canoës, selon le modèle des iles Salomons, que les pirogues à balancier. Les canoës sont plus rapides mais ils prennent moins de charge.

AUX ILES BANKS

Nous passons de bons moments dans ce mouillage; Melody  nous invite à dîner, ses enfants nous guident dans le village.

AUX ILES BANKS
AUX ILES BANKS
AUX ILES BANKS

Tomson, le seul francophone de l’ile, aime bien venir à bord, pour bavarder. Cultivé, curieux de tout, il nous montre des pierres taillées qui témoignent d’un habitat très ancien sur l’ile.

AUX ILES BANKS

Rémi répare machines à coudre,  tronçonneuse, lecteur de DVD...

AUX ILES BANKS

Il va même reprendre du service comme paysagiste. Frederic veut faire un jardin pour les touristes; il n’y a pas beaucoup de touristes ici, pas d’avion, pas de voiture, un caboteur une fois par mois, trois ou quatre voiliers par an…mais Chief Nicholson est allé à Port Vila chercher des paquebots de croisière, on se souvient du temps où Club Mediterrannée s’arrêtait dans la baie, il faut se préparer…Avec sa femme Frédéric a débroussé un coin de forêt, mais pour eux le mot «  jardin » correspond à un potager, le mot « touriste » ils ne savent pas vraiment, et ce qui peut les attirer encore moins …Rémi leur donne des idées, montre des plantes qu’ils connaissent très bien…c’est le bonheur, ils imaginent déjà leur coin de bush plein de fleurs et de touristes.

AUX ILES BANKS
AUX ILES BANKS

Nous quittons Ureparapara au lever de soleil, un moment aussi beau que lorsque nous y sommes arrivés.

AUX ILES BANKS
27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 22:38

GALERIE PHOTOS

Escale prolongée à Santo pour réparer le moteur; lessives, carénage, internet, le mouillage d’Aore est pratique et agréable.

Il y a deux autres voiliers. Avec l’annexe on traverse le chenal entre les deux iles, en ayant soin de ne pas heurter le dugong qui est installé dans la baie et qu’on aimerait bien voir brouter l’herbe qui pousse si vite sous la coque de Kauana. Non, le soir on entend le dugong souffler et soupirer mais il préfère le fond herbeux à nos algues!

En quelques minutes on est dans Luganville. Un arrière-pays agricole alimente un beau marché, Santo est réputée pour sa viande de bœuf.

APRES SANTO
APRES SANTO
APRES SANTO
APRES SANTO
APRES SANTO

Port de commerce actif avec les gros cargos qui arrivent d’Australie et les petits caboteurs qui desservent les iles Banks et les Torrès.

APRES SANTO
APRES SANTO

L’histoire de cette ile a été marquée par ce qu’on a appelé «  la rébellion de Santo ». En 1975, à  la veille de l’indépendance du Vanuatu, l’ile de Santo, menée par un leader sécessionniste très actif, Jimmy Stephens, s’est déclarée république indépendante. La rébellion a été rapidement matée par le gouvernement anglophone alors au pouvoir qui a pour cela fait appel à l’armée de Papaousie Nouvelle Guinée ; les soldats papous se sont trouvés face à des rebelles armés d’arcs et lance-pierres…

Un soir nous avons l’occasion d’entendre un « bamboo band », orchestre de bambous, invité au Resort d’Aore. Spécialité des iles Salomon adoptée par un groupe des iles Banks.

APRES SANTO
APRES SANTO
APRES SANTO

Un matin nous apprenons que notre voisin de mouillage vient de se faire scalper par un banana boat qui lui est passé dessus alors qu’il nageait autour de son bateau. Evacué sur Port Vila puis Nouméa il s’en sortira…avec cent vingt points de suture.

Un autre jour la terre tremble si fort que j’ai cru que Rémi avait démarré le moteur…

Les dépliants touristiques vantant la plongée sur l’épave du Coolridge , un paquebot coulé par  30 mètres de fond je vais y faire deux plongées: tout aussi décevant que One million dollars Point…

APRES SANTO

Nous voici partis pour un périple dans le Nord de l’archipel, les iles Banks et les iles Torrès.

APRES SANTO

Première escale: Ambae, à cinquante miles de Santo. Mouillage à Lolowai au Nord de l’ile où se trouve un centre médical. Un bateau néo zélandais, vieux  cargo chinois reconverti, est là en assistance médicale. Une installation de panneaux solaires toute neuve a été offerte par le Japon.

Si le Vanuatu est pour certains un paradis fiscal, c’est surtout un grand terrain d’action pour la coopération et l’aide humanitaire. On en a partout des exemples. Ici une école reconstruite par un Rotary club, là un bateau offert par l’ambassade de France…

APRES SANTO

mais aussi beaucoup de petites initiatives privées remarquables, comme celle de notre ami australien Ken qui sillonne ces iles avec son vieux bateau à moteur, transportant des biens, des gens, de l’eau là où il y en besoin, ou pêchant au large du poisson qu’il distribue au village… On rencontrera plusieurs fois des jeunes américains de « Peace Corp ». Ils passent deux ans dans un village, partageant la vie d’une famille, il faut avoir du cran pour  se lancer dans cette expérience à 20 ans!

 Avec des objectifs variés, de santé, enseignement, développement, protection de l’environnement, religion, observation scientifique, le volontourisme fleurit au travers d’agences spécialisées.

Nous faisons la connaissance de Jeanne, et son oncle Thomas qui parlent français, Helen la femme de Thomas est anglophone. Tous rêvent de monter à bord d‘un voilier, il ne s’en arrête jamais chez eux.

APRES SANTO

Nous partons les retrouver dans leur village, Nagniré, un peu plus au Sud…Pas étonnant qu’aucun voilier ne s’arrête sur cette côte, ce n’est pas vraiment un mouillage, ça roule tant et plus! Nous mettons l’ancre devant une grande plage de sable noir au pied d’une montagne de cocotiers,

APRES SANTO

Sur la côte l’école et l’église, catholique, école francophone…

APRES SANTO

Ici on rend un hommage magnifique aux « missionnaires qui nous ont tant appris ». Un enseignement de qualité...et gratuit. Un peu plus tard dans la conversation avec Joseph, le père de Thomas, nous nous apercevons qu’il a été l’élève de Ghislain en 1968, Ghislain étant alors VAT à Port Vila …Grand moments d’émotion pour Joseph qui se souvient d’avoir été avec lui à Nouméa pour un rassemblement scout.

On envoie un message à Ghislain :

APRES SANTO

Un peu plus haut dans le « bush », le village…

APRES SANTO
APRES SANTO
APRES SANTO
APRES SANTO

Séchage du cacao, une production  importante, comme à Santo.

 

APRES SANTO

Préparation du kava:

APRES SANTO
APRES SANTO

Nous passons quelques jours à Nagniré, chouchoutés par la famille de Thomas, c’est à dire tout le village.

On rencontre le chef, Paul, père de Jeanne

APRES SANTO

On boit le kava au bar à kava,

APRES SANTO

On visite l’école,

APRES SANTO

Pendant les trois premières années d’école l’enseignement est en bala, le dialecte local. Les deux années suivantes il est en bichelamar, la langue ni-vanuatu, avec recours au bala si c’est nécessaire, puis on enseigne le français, ou l’anglais, suivant les écoles…Pas simple pour les professeurs!

APRES SANTO
APRES SANTO

Les visites à bord se succèdent,

APRES SANTO
APRES SANTO

Nous somme  invités à déguster le laplap, le plat traditionnel à base d’ignames et tarot…Les tout petits enfants  pleurent ou se cachent en nous voyant, ils n’ont jamais vu de white men. Nous sommes dans une petite communauté dans la jungle, on nous raconte en français des histoires de sorciers et de cannibales, de pigmées dans un village un peu plus haut…c’est Tintin au Congo! Mais bien chaleureux…

Le jour de notre départ Thomas nous retient à déjeuner, Helen a spécialement préparé un poulet, son père nous offre une sculpture représentant  un guerrier avec une dent de cochon courbée, emblème du Vanuatu…

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Accompagnés par les enfants sur la côte nous regagnons le bateau, prêts pour une navigation nocturne vers les iles Banks.

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Et là, surprise! Le cockpit est nettoyé, le carré vidé, on a été cambriolés! ordi, jumelles, telephone, portefeuille, vêtements... tout ce qui n’était pas dans les placards, difficiles à ouvrir pour qui n’est pas habitué,  a disparu!   Cela ne nous était jamais arrivé, ça fait un choc!

Le soleil descend, c’est l’heure sacrée du kava, Rémi appelle quand même Thomas. Il le ramène aussitôt à bord avec le chef d’un autre village qui était chez lui… Nos amis ne nous laissent pas tomber! En partant nous avions remarqué une pirogue bleue qui tournait autour du bateau sans raison, il n’y a pas de pêcheurs sur cette côte. Nous avions fait demi-tour pour fermer à clef en laissant un capot entr’ouvert pour l’aération…

Thomas passe deux coups de fil. Il n’y a pas de police ici et il n'y en a pas besoin. Tout va se régler rapidement, entre chefs. Une pirogue bleue a été volée le matin même dans le village devant la plage où nous sommes, le voleur est repéré. Rémi accompagne nos amis  sur la plage…Je contemple le carré de Kauana, il  n’a jamais été aussi en ordre. La liste s'allonge:  lunettes tablette disques durs, cables, chargeurs, enceintes…mais  aussi  les chaussures, les canifs …même les coussins et les épingles à linge sont partis, un vrai déménagement! Tout ça dans une pirogue! Il ne reste que les livres et les photos. Un grand froid s’est abattu soudain sur ces eaux jusque là si bienfaisantes. On se sent bien nus au milieu du Pacifique… 

Le chef est sur la plage, on leur amène le voleur, et presque la totalité du butin; le voleur est un pauvre gars revenu sur l’île après avoir trop fumé de cannabis à Port Vila ; il a gardé un téléphone, tous les vêtements et quelques bricoles, Rémi propose d’aller chez lui… « Non, non, pas besoin, on a tout fouillé…» Il ne faut pas insister, on est dans un monde tribal régi par le consensus autour du chef plus que par le droit  du citoyen…Thomas  vient boire une bière à bord, nous levons l’ancre dans la foulée. Longtemps la loupiote de Thomas restera allumée sur la côte…

Après le choc vient la réflexion. Tout d’abord on se rend compte que nos amis nous ont vraiment bien aidé, sans eux nous n’aurions même pas pu partir. Mais aussi nous avions peut-être commis une erreur: rester au mouillage devant un village sans le fréquenter. Nous avions bien été saluer le chef le premier jour mais ensuite nous allions débarquer un peu plus loin, dans un coin plus abrité devant le village de nos amis. Les deux villages - plutôt que village d’ailleurs il faudrait dire clan, ou tribu- se touchent, à peine séparés par l’école,  mais la notion de territoire, c’est à dire les terres, la plage et la portion de mer devant, est importante : elle entraine pour les personnes admises sur ce territoire une  protection de toute la communauté. D’habitude nous établissons des contacts, accompagnés de petits cadeaux, ou de poisson si on a pêché, on nous offre des fruits, et tout le monde sait qui nous sommes. Là, accaparés par nos amis d’à côté, nous avons négligé ce contact, du coup personne ne s’est senti concerné par ce qui se passait sur notre bateau, ni par le déménagement qui traversait le village… C’est du moins comme cela que nous le comprenons…

26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 11:46

GALERIE PHOTOS .

Voilà une semaine déjà que nous sommes à Luganville, sur l'île Espiritu Santo, et que notre équipage nous a quittés. Pas le temps d’avoir le blues, un gros boulot nous a pris par la main: une patte de cylindre bloc, ce qui soutient le moteur, avait cassé. Heureusement Rémi s’en est aperçu avant que ce ne soit trop tard, mais il a fallu s’attaquer au problème, tout démonter, faire ressouder la pièce...je l’assiste en faisant la petite main contorsionniste! ça y est, le moteur est remonté, le moral aussi, je prends le temps d’envoyer les photos du séjour d’Antoine et sa famille…

Les voilà, arrivant de Lifou et parés pour l'aventure à bord de Kauana: Solène, Mané, Gaby, Cisco, et Antoine.

En famille

Nous les attendions à Port Vila, très gentiment assistés par Janet et Hugh, nos amis navigateurs australiens rencontrés il y a quelques années à Pohnpei.

En famille

Port Vila une petite ville tropicale aux accents français, où  boulangeries et restaurants "french cuisine" tenus par des Néo Calédoniens côtoient les bars à Kava. Un musée qui présente de beaux masques de  l'ile d'Ambryn , des tambours fendus. Les enfants y apprennent le dessin sur sable, un art de l'éphémère pratiqué sur l’ile Malekula.        

En famille

Un centre culturel riche en sculptures, des banques de tous pays, un marché 24h sur 24 où les femmes dorment sous leur étalage de fruits et légumes…

 

   

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Port Vila, capitale du Vanuatu, un bon endroit pour me faire arracher une dent? quel luxe de voir le bateau au mouillage depuis le siège du dentiste… Je vois également les restes du cyclone Pam qui est passé l’année dernière sur Port Vila.

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En faisant les courses dans un supermarché qui pourrait se situer à Papeete ou à Nouméa j’ai la fierté de trouver les vins de Corbières produits par ma nièce…

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On va voir le volcan ? demande Gaby…Ce sera pour une autre fois, on pourra y aller en avion,  lui  expliquent ses parents…Nous irons plutôt découvrir des coins accessibles seulement en bateau.

Nous partons donc vers les iles Maskelyne au Sud de Malekula.

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Escales rapides à Port Havanah, sur l’île Efate, grande baie  où les américains avaient établi leur flotte,

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Escales sur l’ile Emae, sur Epi, Lamen bay,  à la recherche du dugong. Le dugong est un mammifère marin à la queue de sirène et au corps de vache, qui broute les fonds herbeux. On pourrait en voir plus souvent sous les latitudes du Vanuatu s’il n’était comestible! A défaut d’en voir sous l’eau j’en ai un pour le thé que m’a offert Mané.

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L’honneur est sauf, Rémi attrape quelques petites bonites, perd plusieurs monstres, et ramène une jolie sériole arc-en-ciel. C’est beau et bon!

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Le temps est instable, pluvieux même parfois, nous restons quelques jours dans la Baie de Awai, dans les iles Maskelyne.

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Un monde en marge où la pirogue est le seul moyen de locomotion, la pêche et l’agriculture essentiellement vivrières. Le coprah est la seule ressource monnayable….l’argent sert à payer l’école pour un enfant qui assurera l’avenir de la famille.

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La rencontre avec les habitants est plutôt sympathique. On nous offre des fruits, des patates douces, des ignames. Nous offrons des vêtements, des hameçons, des cordages…

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Toute la vie du village est organisée autour du « jardin », une grande plaine fertile sur une autre ile où chaque jour on se rend en pirogue pour ramener tarot, bananes, ignames…Peu de variété dans le menu car depuis le dernier cyclone on manque de semences…

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Sofren, chef du village, est fier de sa femme, la meilleure cultivatrice, nous dit-il

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Le soir, retour au village, sans oublier le bois pour cuisiner.

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L’école est sur une autre ile, les enfants y vont avec des petites pirogues.

Quand il pleut on ôte la chemise d’uniforme, quand il y a trop de vent on ne va pas à l’école…

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Nassé, le frère du chef nous montre une belle voile, cadeau d’un navigateur de passage. Me voilà partie à y tailler une voile de pirogue. Du coup Sofren me demande d’en faire deux autres! Nous ne restons pas assez longtemps, ce sera pour une autre fois, sur le chemin du retour!

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Côté pêche c’est maigre. La zone autour des villages est protégée, le reste de la baie est pauvre en poisson. Sofren nous explique qu’un commerçant de Port Vila entrepose parfois un container réfrigéré que les habitants remplissent jusqu’à ce que la mer soit vide!

Ici aussi on entend un dugong, sans le voir.

Avec les talents d’Antoine et Solène tout se transforme en jeu, leurs enfants comme ceux du village sont à la fête…

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Petite balade dans la forêt sous la pluie.

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Après Awai bay nous continuons sur la côte Est de Malekula.

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Opération prélèvement de plancton. Pas idéal scientifiquement parlant car on doit effectuer les prélèvements plus au large, mais sympa à faire avec les enfants.

On ramène à bord le chalut qui était depuis un quart d’heure à l’eau. Puis on transvase la récolte pour ensuite la filtrer.

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Le plancton récolté est plein de petites méduses qu’on enlève à la pince à épiler et que les enfants remettent à l’eau.

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On fait l’opération en double. Les filtres sont mis à sécher sur une feuille de papier alu froissé, dans le panier de la cocotte minute…

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Puis l’ensemble est étiquetté, emballé, prêt à être expédié au laboratoire de Roscoff.

Escale à Banam bay. Dans le lointain, le volcan d’Ambryn.

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Puis Uri Island. Village dans la mangrove.

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Ce petit caboteur qui dessert les iles semble sorti d’une bande dessinée.

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Mouillés à Port Lautour nous allons nous baigner en eau douce sur l’ile Malo.

Ambiance mystérieuse de la mangrove qui nous conduit à un trou bleu…

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Retour vers notre dernier mouillage, sur l’ile d’Aore en face de Luganville d’où nôtre fier équipage repart pour Lifou.

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Mais avant de partir, une dernière plongée sur le site appelé « One million dollars point », une vaste décharge, camions, jeep, bateaux, matériaux de construction… laissés par les américains à la fin de la guerre du Pacifique, un trésor qu’ils ont préférer couler plutôt que l’offrir  à leurs hôtes…Mystères de la guerre? ou besoins de la croissance économique? A défaut de comprendre les Ni-van ont converti le lieu en un centre d’attraction pour plongeurs…

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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 08:02
Chez les Ni-Vanuatu

Belle navigation avec 15/20 noeuds de vent de Sud Est, prélèvement de plancton, pêche d’un beau mahi mahi, nous arrivons au petit matin dans la baie d’Anelgouat sur l'île d’Anatom, la plus sud de l’archipel du Vanuatu. Archipel volcanique qui étend ses 83 iles sur 500 kilomètres, abrite environ 270 000 habitants, les Ni Van, réputés pour leur gentillesse et le maintien d’une vie traditionnelle.

Chez les Ni-Vanuatu
Chez les Ni-Vanuatu

Douane, santé, immigration, tout peut être fait à Anelgouat si on a obtenu au préalable l’autorisation d’entrer dans le pays par ce village: Timothy le gendarme est permanent tandis que les services de santé et immigration de Port Vila envoient du personnel en fonction des passages des paquebots et des voiliers.

C'est à Anatom qu'a débuté  le peuplement de l'archipel par une vague de migrants venus du Nord de la Nouvelle Zélande, qui se séparèrent alors, les uns allant vers les iles Loyauté et la Nouvelle Calédonie, les autres vers les iles du Vanuatu.

C'est dans cette baie aussi qu'ont débarqué les premiers missionnaires presbytériens.

Images paradisiaques et accueil chaleureux; un village coquet où l’habitat traditionnel côtoie quelques bâtiments en dur tout neufs: reconstruction après le cyclone.

 

Chez les Ni-Vanuatu
Chez les Ni-Vanuatu
Chez les Ni-Vanuatu
Chez les Ni-Vanuatu
Chez les Ni-Vanuatu

Il y a un an  le cyclone Pan avec des vents de 320 kms/heure dévastait l’archipel…Dans les conversations on sent qu’il y a l’avant et l’après cyclone, les dégâts matériels et le choc psychologique sont encore là, on répare.

 

 

Chez les Ni-Vanuatu
Chez les Ni-Vanuatu

« Hello! »,«Halo! »,« Bonjour! »,  ici on parle anglais et français, la langue officielle est le bislama -un créole anglais phonétique-, « Kam tumoro tok tok= viens demain discuter ».  Il faut ajouter les dialectes, aussi nombreux que les villages.

Chez les Ni-Vanuatu
Chez les Ni-Vanuatu

Multilinguisme étonnant produit par l’histoire du pays:

En 1906 les colons français et britanniques qui se partageaient ces iles aux terres riches nommées Nouvelles Hébrides par Cook, obtiennent de leurs gouvernements respectifs une protection militaire puis la mise en place d’une administration. Ainsi se constituait en 1906 un condominium  franco-britannique qui perdura jusqu’à l’indépendance en 1980, organisation unique au monde, souvent qualifiée de pandémonium… Eglises catholique et protestante se partageaient l’enseignement, aujourd’hui encore on distingue les villages avec école française et ceux avec école anglaise, mais la langue commune et enseignée est le bislama…

 

Peau très noire et cheveux blonds, cette beauté est dûe à une mutation  du gène TYRP1 responsable de la pigmentation, phénomène qu’on ne rencontre qu’en Océanie et qui concerne environ 5 à 10% de la population Mélanésienne.

 

 

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Alors que nous disions au revoir à Marie, sa mère, apprenant que nous allions à Port Resolution sur l’île de Tanna , nous confie deux barres de fer soigneusement emballées pour son jeune fils qui y vit, puis une enveloppe remplie de billets, car la vie est plus dure là-bas, nous explique Marie, ici on a Mystery island, là-bas pour gagner 100 vatus il faut beaucoup travailler. Cette mission toute en confiance nous vaudra une belle langouste à l’arrivée.

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Mystery Island c’est la jolie île au sable blanc qui ferme la baie d’Analgouat, un long récif la protège de la houle du large. Je me régale en balades sous-marine, c’est une réserve! Personne n’habite sur l’île, une petite piste d’aviation y accueille deux avions par semaine. Le matin plusieurs barques  emmènent des villageois sur Mystery Island avec machette, paniers et râteaux, ils rentrent le soir au village…

Demain l’île mystérieuse dévoilera ses charmes aux 2000 passagers d’un des 200 paquebots qui y font escale chaque année à raison de deux ou trois par semaine. Une manne pour Analgouat qui en remercie le ciel et le monde entier tout en préservant l’intimité de sa vie  de village.Un comité au village gère l’entretien de l’ile et la répartition des multiples activités proposées.

 Un coup d’oeil sur ce Disneyland au milieu du Pacifique qui il faut  le dire doit être une escale bien agréable pour les croisiéristes.

 

Chez les Ni-Vanuatu
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Nous faisons une belle balade en forêt vers une cascade. Partis tous seuls nous apprécions vite les services de Georges rencontré en route et qui se propose de nous guider. Depuis le cyclone tant d’arbres sont tombés sur le chemin que sans George et sa mâchette nous n’y serions jamais arrivés! Cinq heures de marche, à grimper, sauter, enjamber..une vraie séance d’hébertisme qui me rappelle mon père et son professeur de gymnastique Mr Lope surnommé Antilope!

Georges est sur le domaine de sa famille, il travaille à la petite exploitation forestière qui emmène les grands kaoris vers les scieries de Port Vila. En septembre les orchidées fleuriront la forêt.

 

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Nous quittons Anatom chargés de fruits et mots d’amitié. 20/25 noeuds de Sud Est nous poussent vers l’île de Tanna, connue pour son volcan en activité: Yasur, qui signifie Dieu. Comme Cook et ses marins nous avons vu son nuage rougir en approchant l’île. En activité continue depuis 800 ans il attire des voyageurs du monde entier. La baie de Port Résolution est bordée de sources chaudes et émanations sulfureuses.

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Au matin nous sommes entourés par des dizaines de pirogues. Joli spectacle dans le lever du soleil, les pêcheurs attendent à l’arrière de Kauana, discutent pour savoir d’où nous venons, comment nous nous appelons, quand soudain un cri met tout le monde en alerte; du haut de la falaise un guetteur indique un banc de poissons: dans un ballet magnifique de pirogues qui se croisent, nylons qui brillent en contre-jour et  rames qui frappent l’eau, tout le monde part poser son filet. C’est la nouvelle lune, la pêche est bonne, c’est de l’aturé, ce chinchard que nous attrapions la nuit en Polynésie.

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Il y a un voilier au mouillage, quatre autres arriveront le lendemain.

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Stanley nous amène au village, sa soeur Naomi nous accueille, on va saluer  le chef Johnson, un autre frère. Deux soeurs de Naomi sont institutrices.Leur père avait fait apprendre le français à 5 de ses enfants et l’anglais aux 6 autres, il avait construit un yacht club pension de famille pour accueillir les voiliers. Il n’y a pas de ressources autres que la pêche, le jardin et ce que les rares visiteurs offrent.

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Pas d'électricité, une voiture pour le village, qui sert de taxi. Le confort c'est le téléphone portable, on vient souvent nous demander  de charger les batteries à bord.

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  Nous irons aussi dans le village où est l’école française, enfin un endroit où donner des livres et des revues!

Magnifiques bagnans, grands arbres sacrés..

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La visite du volcan est très cadrée, avec  ticket à l’entrée, spectacle d’une danse rituelle et guides, on grimpe à 400 mètres…

 

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Vision magique, émerveillement, fascination , ça tonne et ça explose, ça bouillonne, on est assis au bord du cratère, comme devant un feu d’artifice, mais curieusement on n’entend pas trop de  « hhoo! hhaaa! », chacun retient son souffle et suit des yeux les bombes de laves éjectées du magma qui retombent dans l’obscurité; on nous a bien prévenus que si actuellement Yasur est classé comme étant en activité modérée, le risque zéro n’existe pas.

 

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Mais l’esprit de John From ne réside-t-il pas  au fond du cratère? John From est le prophète d’un culte qui agita beaucoup ces iles dans les années 40 jusqu’à l’indépendance, le culte «cargo». Ce culte, déjà présent en Mélanésie, peut-être  inspiré du spectacle magique des européens débarquant  toutes sortes d’objet et aliments, -des «cargo», «chargements»-,  depuis leurs bateaux, est basé sur la croyance que les biens matériels viennent du ciel; entités divines dont  les occidentaux s’accaparent les bienfaits mais dont les indigènes bénéficieront s’ils savent les accueillir.

Amenés à vivre sur la côte plutôt que dans la forêt pour commercer avec baleiniers et sentaliers, puis organisés en villages chrétiens aux règles strictes par les missionnaires presbytériens, les indigènes  souffraient d’abandonner leurs moeurs et savoir-faire primitifs et des mouvements de protestation avaient été réprimés. Tout à coup, du côté de Green Point au Sud de l’ile de Tanna, les églises furent totalement désertées, alors qu' un personnage mystérieux, qui n’apparaissait que la nuit pour s’adresser aux hommes sous l’effet du kava (qui,  soit dit au passage, est au Vanuatu beaucoup plus hallucinogène que le breuvage qu’on nous offrait aux Fidji), a commencé a attirer du monde autour de lui. Ce prédicateur, Manahevi, se disait  envoyé par le dieu du volcan qui avait changé son nom en John Frum, il annonçait la venue proche d’une vie paradisiaque, une abondance de « cargo » qui rendrait la vie facile pour tous comme ils le méritaient. En attendant ce jour, il recommandait de cultiver ses ignames et boire du kava sans trop écouter les white men…Et voilà  que ce jour est arrivé! en  1941 on vit débarquer les troupes américaines avec leurs tonnes de matériel et aliments! On est en pleine guerre du Pacifique, l’armée américaine venait installer sa base dans l’archipel de Vanuatu!

Par la suite on a dit que John Frum avait été envoyé par les américains pour préparer le terrain, même son nom avait été calculé: John Frum devenait John From, tous les GI’s débarquant se présentaient ainsi : ‘ John from America..ou John from Alabama.. ».

Mais dans les iles c’en était assez pour assurer la réputation du prophète de Tanna. Le bonhomme disparut de la circulation, d’autres prédicateurs dont certains se disaient ses fils prirent la relève pour entretenir le mythe. Car, une fois la guerre finie et les troupes américaines reparties c’en était fini de l’abondance. Il fallait attendre son retour! Le culte de John From a perduré dans un mouvement nationaliste pacifiste anti-blanc, maintenant récupéré dans un parti politique à tendance verte et surtout c'est devenu une attraction touristique. Nous n’assisterons pas à une des manifestations  dans lequel les adeptes défilent en tenue militaire américaine mais parfois on se demande si les bannières étoilées et croix rouges que quelques cases arborent sont un témoignage de l’aide humanitaire très présente dans le Vanuatu ou un signe d’appartenance à ce mouvement!

 

Quittant Tanna nous faisons escale à Dillon’s bay, sur l’ile ErroMango. Une grande baie ouverte autour d’une rivière où les femmes lavent le linge.

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David vient nous voir avec sa pirogue rouge; charmant, parlant un français impeccable; on échange du lait contre des papayes, il nous parle du cyclone, du bon temps avant l'indépendance lorsque l'école était gratuite jusqu'au bac et du futur yacht club où il souhaite accueillir les voiliers de passage.

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Nous sommes invités aux festivités d’adieux à un groupe de jeunes missionnaires de l’association YWAM, Youth with a Mission, dans le village depuis 6 semaines. Gens très jeunes, illuminés par leur foi et l’expérience qu’ils viennent de vivre, leur mission est la prière, ils nous paraissent des extra-terrestres…Le bateau affrêté par cette organisation internationale les attend au mouillage, tout le village est là pour assister au départ.

Il faut préciser qu’il y a sept religions à Dillon’s bay, même des musulmans.

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Nous voici à Port Vila où des amis Australiens rencontrés il y a quelques années en Micronésie nous attendent; corps-mort devant la villa et champagne au frais, un autre Vanuatu!

 

Et je réservais pour la fin la plus belle nouvelle: notre fils Antoine et sa famille nous rejoignent la semaine prochaine!  il faut dire que Lifou est encore à 400 kms et qu’à la vitesse où nous avançons on commençait à se demander quand on arriverait à se voir!