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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 04:24
De retour, VITI LEVU, FIDJI

GALERIE PHOTOS

Quelques nouvelles depuis mon retour à bord, Rémi étant venu deux semaines en avance pour organiser la mise à l’eau de Kauana.

Rien de folichon à raconter : la vie de marina, réarmement du bateau, peintures, vidanges, couture, matelotage, tous les travaux habituels de maintenance. Ne nous plaignons pas, nos amis d’Ulani, ainsi qu’Amosee, qui étaient à Savu Savu sur l’ile de Vanua Levu ont reçu le cyclone de plein fouet : Philip et Sandra qui étaient à bord ont sauvé leur bateau mais n’ont pu échapper aux dommages causés par les autres bateaux. Amosee qui était absent a retrouvé son catamaran à moitié coulé, il a entrepris un véritable chantier de reconstruction…

Nous louons une voiture pour explorer  l’ile de Viti Levu. C’est la plus grande ile des Fidji, la troisième du Pacifique après Hawai et Grande Terre en Nouvelle Calédonie. Au Sud Est  la capitale, Suva, compte environ 85 000 habitants.

A la marina Vuda Point comme dans  tout le Sud de l’ile on aurait tendance à oublier qu’il y a eu un cyclone. Mais dans le Nord, nettement plus touché par Weston, si l’herbe commence à repousser les stigmates du cyclone sont là. Routes défoncées, pas d’électricité, pas de toit….Beaucoup de gens dorment encore dans les tentes fournies par l’aide humanitaire.

De retour, VITI LEVU, FIDJI
De retour, VITI LEVU, FIDJI
De retour, VITI LEVU, FIDJI
De retour, VITI LEVU, FIDJI
De retour, VITI LEVU, FIDJI

Région agricole dévastée par le cyclone: cocotiers, bananiers, papayers, sont détruits par le vent, tarot, patates, ignames et tout ce qui pousse au sol est détruit pas les pluies qui accompagnent le cyclone.

Sur le marché les fruits et légumes sont rares et chers mais on garde le sourire.

De retour, VITI LEVU, FIDJI
De retour, VITI LEVU, FIDJI
De retour, VITI LEVU, FIDJI
De retour, VITI LEVU, FIDJI

Visite du musée de Suva. On y apprend les détails du cannibalisme:

 

Ordre de découpe du corps:

De retour, VITI LEVU, FIDJI

Les fidjiens avaient une réputation de naufrageurs et de féroces guerriers. Le culte des ancêtres qui faisait d’un valeureux guerrier, comme d’un bon jardiner ou d’un bon pêcheur,  un dieu que les générations suivantes honoraient, autorisait le cannibalisme. Pour annihiler son ennemi il fallait le manger! Inversement les guerriers avaient à cœur de ramener les corps de leurs camarades, pour éviter cette destruction totale et que les générations continuent à honorer leur esprit…Seuls les prêtres et les chefs participaient au festin.

La viande était servie avec cette fourchette qui devenait sacrée.

De retour, VITI LEVU, FIDJI

S’il n’y avait pas de guerre et qu’on manquait de corps pour les festivités, on découpait les esclaves, les naufragés ou les gens de basse condition. Parait-il, car tout cela est très controversé!

 

 

Ici, en 1854  des européennes intercèdent auprès du chef de Levuka pour que leurs copines aient la vie sauve. Cinq femmes  sur quinze seront épargnées…

De retour, VITI LEVU, FIDJI

Après toutes ces révélations si on ne croit plus à la réalité du cannibalisme! 

Il y a quelques années, une cérémonie, en présence du Président des Fiji,  a eu lieu au village de Nabutatau; une cérémonie de demande de pardon de la part des habitants du village envers la famille du pasteur australien Thomas Baker qui avait été mangé par leurs ancêtres. Les villageois espéraient ainsi lever la malédiction qui semble s’abattre sur Nabutatau depuis cent cinquante ans … Tout le monde a beaucoup pleuré et on a restitué aux descendants du pasteur ce qui restait du festin : la paire de bottes du Révérand, soigneusement conservée au musée de Suva.

 

Un peu d’histoire :

Le premier navire  occidental approchant les Fiji fut un navire hollandais en1643 qui échappa de peu au naufrage sur le récif de Nanuku. Puis Cook, arrivant sur l’ile de la Tortue, et voyant la troupe de fidjiens qui se précipitaient sur l’embarcation envoyée à terre, préféra passer son chemin et continua vers les Vanuatu. En 1789 le lieutenant Bligh, dérivant depuis les Tonga à bord d’une chaloupe avec les 18 hommes qui lui étaient restés fidèles après la mutinerie à bord du Bounty, fut pourchassé par les indigènes. En 1800 l’Argo, une goélette américaine en route pour la Chine, fit naufrage sur les côtes fidjiennes. Les rescapés du naufrage amenèrent une épidémie qui décima une grande partie de la population, ils firent découvrir au reste du monde la richesse des iles en bois de santal. En dix ans les ressources furent épuisées, on s’intéressa alors aux bêches de mer, l’holoturie ou concombre de mer si prisé dans la cuisine chinoise. Dumont d’Urville fit aussi escale aux Fidji. Entre 1820 et 1860 la chasse à la baleine battait son plein, les fidjiens étaient souvent recrutés comme équipage à bord des baleiniers anglais et américains.

Les premiers missionnaires protestants arrivèrent de Tahiti en 1838, suivis de peu par les catholiques. A la fin du XIX° siècle l’ensemble des tribus étaient converties.

Des colons s’installèrent pour cultiver le coton, puis la canne à sucre. On fit venir de la main d’œuvre indienne. Le chef Cakobau fut promu roi, Levuka sur l’ile d’Ovalau devenant la capitale où les navires étrangers séjournaient. Le chef des Lau devint vice-roi. En 1874 un traité de cession était signé avec l’Angleterre. En 1970 les Fidji retrouvaient leur indépendance.

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